Le "FNPS", cette vieille idée de l'UMP (de NKM à Sarkozy en passant par Morano)

Publié à 12h25, le 02 mars 2015 , Modifié à 13h14, le 02 mars 2015

Le "FNPS", cette vieille idée de l'UMP (de NKM à Sarkozy en passant par Morano)
Mais qui a donc inventé le "FNPS" ? © Montage Le Lab via AFP

BOÎTE À ARCHIVES - Au-delà d'un certain nombre de propositions recyclées, l'interview de Nicolas Sarkozy au Figaro lundi 2 mars a retenu l'attention (et provoqué la colère du gouvernement) pour une formule employée par le président de l'UMP : "Voter pour le FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. C'est le FNPS ! Voter pour l'UMP n'a jamais en revanche fait gagner la gauche. Voter FN, si. La seule réalité électorale, c'est le FNPS."

Un acronyme directement inspiré du discours du FN sur "l'UMPS", cette collusion supposée entre les deux principaux partis de gouvernement. Derrière ce sigle, un angle d'attaque classique du parti de la rue de Vaugirard, qui accuse régulièrement Solférino de faire le jeu du FN. Pour autant, l'utilisation du terme "FNPS" n'a rien de nouveau pour l'opposition. D'après nos recherches, on en retrouve la trace dès 2011, dans la bouche de Nathalie Kosciusko-Morizet.

La ministre de l'Écologie d'alors fait la promotion de son livre, Le front antinational, paru le 9 juin 2011. Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, la députée-maire de Longjumeau utilise alors ce terme en réponse à "l'UMPS" déjà dénoncé par le FN. Elle explique :

 

Quand le Front national parle d'UMPS comme s'il y avait une association entre l'UMP et le PS, moi j'ai envie de répondre 'FNPS'. Il y a une alliance historique en quelque sorte entre l'un et l'autre. [...] Le Parti socialiste, dans les années 80, provoque l'arrivée de députés FN au pouvoir.

Le terme est ensuite largement utilisé sur les réseaux sociaux, mais visiblement peu goûté par les responsables UMP. Jusqu'à Nadine Morano, qui y a recours sur Twitter le 4 avril 2013, comme l'a repéré un journaliste d'Europe 1 :

Un terme que l'eurodéputée a encore utilisé en septembre 2014. Le 30 novembre dernier, Brice Hortefeux reprenait l'idée... mais contre Marine Le Pen. Le vieil ami de Nicolas Sarkozy considérait alors qu'en se proposant de diriger un gouvernement de cohabitation en cas de dissolution de l'Assemblée nationale, la présidente du parti d'extrême droite se déclarait "partante pour le FNPS".

Mais c'est surtout Jean-François Copé qui avait marqué les esprits avec le "FNPS" en octobre 2013. Lors d'une convention de l'UMP sur l'inventaire des années Sarkozy, celui qui était à l'époque toujours président du parti accusait François Hollande de "faire monter par sa politique le Front national" et lançait : 

 

Il ne faut pas parler d'UMPS mais de FNPS

Plusieurs médias écrivent alors que "Jean-François Copé invente le FNPS" et une polémique s'ensuit, des responsables de la majorité socialiste dénonçant un "dérapage ignoble" et le "cynisme" du prédécesseur de Nicolas Sarkozy.

Sans aller jusqu'à parler de "FNPS", Gérald Darmanin a tout de même estimé, dimanche 1er mars 2015, que "Manuel Valls et Marine Le Pen, c’est Dupond et Dupont".

Nicolas Sarkozy reprend donc, ce 2 mars, une idée existante depuis au moins trois ans et demi dans ses rangs, sans qu'elle soit devenue un argument systématique. La formule pèse manifestement plus lorsqu'elle est maniée par un ancien président de la République que par une ancienne ministre, un eurodéputé ou même par une ministre en fonction. 

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