Le gros plan drague de l'UMP Julien Aubert en direction du parti d'extrême droite la Ligue du Sud

Publié à 14h42, le 31 mars 2015 , Modifié à 19h56, le 31 mars 2015

Le gros plan drague de l'UMP Julien Aubert en direction du parti d'extrême droite la Ligue du Sud
Julien Aubert rêveur sur les rangs de l'Assemblée © JACQUES DEMARTHON AFP

Il y a des choses qui ne se font pas (plus ?) à l'UMP, comme par exemple s'associer avec le FN pour ravir à la gauche la présidence d'un conseil général. Mais ce qui est valable pour le FN ne l'est pas forcément pour toute l'extrême droite.

Ainsi, dans le Vaucluse, l'UMP entend bien gagner la présidence du département. Ce qui peut paraître un chouïa compliqué vu que la gauche réunie compte autant d'élus que la droite rassemblée, à savoir 12 chacune.

Du coup, dans l'espoir de faire gagner son camp à la présidence du conseil général, Julien Aubert ratisse large. "Il y a une majorité de non-gauche au conseil général et l'UMP est majoritaire dans ce bloc. La présidence doit nous revenir. Que ceux qui veulent nous soutenir, nous soutiennent", a estimé le député UMP, cité par le Huffington Post lundi 30 mars.

Et quand il parle de ceux qui pourraient soutenir l'UMP, Julien Aubert regarde vers son extrême droite : la Ligue du Sud de Jacques Bompard. Il dit :

Je ne mets pas le FN et la Ligue du Sud sur le même plan. Bompard combat le FN et il a toujours été dans la lutte contre la gauche. Il ne joue jamais à qui perd gagne, contrairement à Marion Maréchal Le Pen.

Le plan drague a marché : selon Radio Classique, le chef de la Ligue du Sud a bien appelé  à soutenir le candidat UMP à la présidence du Vaucluse.

Alors certes, la Ligue du Sud n'est pas l'alliée du FN. Le parti de Jacques Bompard s'est même beaucoup amusé du score frontiste dans le Vaucluse lundi 30 mars. Marion Maréchal-Le Pen avait pourtant consenti, dans l'entre-deux tours des départementales, à retirer l'un des binômes FN dans le canton de Bollène en faveur de la Ligue du Sud.

Mais le parti de Jacques Bompard, qui lui-même a longtemps été au Front national, reste un mouvement d'extrême droite. Grand adepte de la théorie du "grand remplacement", le député-maire d'Orange s'était fait remarquer à l'Assemblée l'an dernier en s'opposant à la suppression du terme "détresse" dans la loi Veil sur l'IVG. "La liberté que vous évoquez, c’est la liberté pour la mère de tuer son enfant !" avait notamment lancé dans l'hémicycle Jacques Bompard. 

[EDIT 16h10]

Dans un communiqué, Julien Aubert assure que ses propos ont été sortis de leur contexte. "Le journaliste m’a simplement demandé si je mettais sur le même plan FN et Ligue du Sud. J’ai répondu que le FN s’est toujours maintenu en triangulaire pour éradiquer l’UMP. Je me bats contre le FN et ce n’est certainement pas pour faire une alliance avec lui ou la Ligue du Sud, ni d’ailleurs avec la gauche", explique le député UMP. 

[Edit 20h]

Invité de BFMTV en fin d'après-midi, Brice Hortefeux dément également toute volonté d'alliance entre Julien Aubert et Jacques Bompard. L'eurodéputé UMP et très proche de Nicolas Sarkozy explique :

 

Je crois pouvoir vous dire que ce n'est pas sa décision. Donc cette information est, à l'heure à laquelle je vous parle, totalement erronée. Il n'y a pas d'alliance de l'UMP avec l'extrême droite. [...] Et donc je vous le dis, il n'y aura pas d'alliance. Encore une fois, les règles que je vous ai indiquées seront appliquées, donc ce n'est pas un sujet.

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