Le multiplex politique du 28 février avec Ségolène Royal, Xavier Bertrand, Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Luc Mélenchon

Publié à 12h11, le 28 février 2016 , Modifié à 20h12, le 28 février 2016

Le multiplex politique du 28 février avec Ségolène Royal, Xavier Bertrand, Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Luc Mélenchon

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 28 février : Ségolène Royal, Xavier Bertrand, Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Luc Mélenchon.

  • Deuxième partie

>> Jean-Christophe Cambadélis, BFM politique

# Aidez-moi !

Le PS est-il en miettes après la tribune au vitriol de Martine Aubry contre la politique du gouvernement ? Que nenni, selon son Premier secrétaire, qui juge certes cette tribune "excessive", mais refuse de baisser les bras et estime pouvoir rétablir l’unité au Parti socialiste :

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Aujourd’hui, la gauche n’est pas en miettes et je me battrai jusqu’au bout pour que le PS soit uni et qu’il rassemble au-delà. Aidez-moi à rassembler ! J’appelle tous les socialistes à m’aider à rassembler.

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Un défi pour le premier secrétaire du PS qui se définit comme "un homme de synthèse". Comme François Hollande il y a dix ans lorsqu'il était à son poste, lui fait-on remarquer… ce à quoi Jean-Christophe Cambadélis répond : "Il a eu raison de le faire, et c’est comme ça qu’il est devenu président."

#The Equilibrist

En vue de ménager tout le monde, Jean-Christophe Cambadélis, qui ne s’était pas exprimé depuis la tribune de Martine Aubry, s’est livré à un numéro d’équilibriste. Alors que la maire de Lille a dénoncé "la meurtrissure de l’indécent discours de Munich" de Manuel Valls sur l’accueil des réfugiés en Europe, le premier secrétaire du PS a admis :

 

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Ce n’était peut-être pas le meilleur lieu pour faire cette déclaration.

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Tout le monde aurait donc raison : Manuel Valls sur le fond - l’Allemagne a décidée seule d’accueillir des réfugiés - et Martine Aubry sur la forme.

Et Jean-Christophe Cambadélis a même trouvé comment ressouder le PS avant 2017 : si Manuel Valls est candidat, Martine Aubry ne le soutiendra pas. Mais comme François Hollande est le meilleur candidat, la maire de Lille et le Premier ministre le soutiendront. CQFD. A un détail près : Jean-Christophe Cambadélis oublie que finalement, Martine Aubry trouve qu’il serait "formidable" que le président se soumette à une primaire... après avoir dit le contraire 24 heures plus tôt.

>> Jean-Luc Mélenchon, iTélé

#J’ai perdu à cause de Merah, Le Pen et Sarkozy

Les sondages lui sont pour l’instant plutôt favorables. Mais c’était aussi le cas en 2012, or Jean-Luc Mélenchon n’avait pas passé le premier tour. Et selon le candidat à la présidentielle, cela est lié à Mohamed Merah, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy :

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Les assassinats de Mohamed Merah ont changé l’ambiance de cette campagne et ont donné une prime extraordinaire à Marine Le Pen. Les gens voulaient se débarrasser de Nicolas Sarkozy et ont estimé qu’il était beaucoup plus utile de voter pour François Hollande.

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Si on résume la pensée de Jean-Luc Mélenchon, les attentats ont profité politiquement à Marine Le Pen, et les Français ont voté François Hollande pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Donc l’ex-candidat Front de gauche a perdu. CQFD.

Il est par ailleurs persuadé que, pour 2017, alors que la menace terroriste est plus élevée, "les Français ont plus de recul et ne se laisseront pas manipuler".

#L’armée dans la rue, ça ne sert à rien

On savait que Jean-Luc Mélenchon était opposé à la loi Renseignement, inefficace selon lui pour lutter contre le terrorisme. Il affirme aujourd’hui que la présence militaire dans les rues ne sert à rien :

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En même temps que je vous parle, on voit des militaires dans les rues. J’ai l’honneur de vous dire que tout ceci ne sert à rien. C’est épuiser nos hommes, nos matériels pour rien. L’armée dans la rue, ça ne change rien au problème de la menace terroriste. Par conséquent, je suis pour que l’on arrête avec ça.

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A la place, Jean-Luc Mélenchon souhaite que tous les jeunes Français participent, à la fin de leurs études, à une "garde républicaine" ou à une "garde nationale".

  • Première partie

>> Ségolène Royal, Le 12/13 Dimanche, sur France 3

#Président courage

Après une semaine de déplacements dans le Pacifique et en Amérique du Sud, François Hollande est revenu à Paris pour inaugurer le salon de l’agriculture. Et c’est peu dire que la visite du chef de l’Etat porte de Versailles a été mouvementée.

Mais, pour Ségolène Royal, cela démontre surtout le "courage" de François Hollande. Invitée de France 3 ce dimanche 28 février, la ministre de l’Ecologie a ainsi défendu le président :

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Le président de la République savait que ce serait difficile. Que fallait-il faire ? Ne pas y aller ou aller au contact ? C’est courageux. Il sait que la crise est profonde et qu’il y a une immense détresse.

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Hué et insulté par des agriculteurs et des éleveurs, François Hollande a fait face. Mais Stéphane Le Foll, le ministre du secteur, a jugé "pas acceptable" que le chef de l’Etat se fasse ainsi houspiller.

#Bande de conservateurs

Qu’on se le dise, Ségolène Royal fait partie des proches de François Hollande qui défendent la loi Travail portée par Myriam El Khomri. Et si elle "se réjouit de cette participation au débat public", faisant référence aux multiples initiatives qui émergent en ligne contre ce projet de loi, la ministre de l’Ecologie estime qu’il "ne faut pas que la France ait peur des réformes". Quant aux opposants à cette révision du code du travail, comme Martine Aubry, elle fustige leur conservatisme :

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Il ne faut pas des postures conservatrices de toutes natures. Avoir le courage de réformer doit nous conduire à mieux expliquer le sens des réformes. Sinon, le chômage ne reculera pas. (…) Une partie des prises de parole sont très conservatrices. Il y a des conservatismes de gauche et de droite.

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"Ce sont des postures qui ne conduisent pas la France vers le progrès", poursuit-elle encore, véhémente avec la tribune cosignée Martine Aubry sans toutefois citer nommément la maire de Lille.

>> Xavier Bertrand, Le Grand Jury, RTL/LCI/Le Figaro

#Déséquilibre

De nombreux élus de droite et du centre, et parmi les candidats à la primaire de la droite, ont annoncé leur volonté de voter la décriée loi El Khomri "en l’état". Tout pareil pour Xavier Bertrand meme si le président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie y ajoute un bémol. Pour l’ex-député LR, la loi telle que présentée aujourd’hui "est quand même déséquilibrée". Et de rejoindre la gauche hostile au texte en estimant que ce déséquilibre est au détriment des salariés. Il dit :

 

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Elle est quand même déséquilibrée. Il y a, à mon sens, des garanties pour les salariés qui manquent. Il faut des avancées pour les employeurs mais aussi pour les salariés. Là, pour les salariés, on ne les vois peu ou on ne les vois pas.

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"Jamais je ne voudrai d'un système où les salariés sont des kleenex que l'on jette", ajoute-t-il encore fustigeant la dégressivité programmée des allocations chômage. Voilà de quoi ajouter de l'eau au moulin des opposants à cette réforme du droit du travail. 

#Castagne

Sa décision est toujours irrévocable. Non, Xavier Bertrand ne reviendra pas dans le jeu de la primaire de la droite et du centre. Et, "pour le moment", l’ancien patron de l’UMP est toujours indécis et n’a pas pris sa décision quant à qui aura les faveurs de son soutien. Il dit ainsi :

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Au moment où je vous parle, je n’ai pas fait mon choix. Je ferai mon choix sur une nouvelle pratique politique. 

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Et de dénoncer les débats et les invectives qui existent entre les différentes écuries :

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Les candidats de droite à la primaire oublient la France du travail, les ouvriers et je le regrette beaucoup. On dirait que c’est le cadet de leurs soucis. (…) Pour l’instant j’ai le sentiment que beaucoup se regardent, beaucoup s’épient.

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"J’ai un peu peur qu’il y ait beaucoup de castagne. Si nous voulons que ce soit utile, il faut qu’on soit sur un vrai débat de fond, qu’on y voit clair sur les projets et que ce ne soit pas un combat de personne", insiste encore l’ancien ministre du Travail qui assure, parallèlement, qu’il ne briguera pas la mairie de Lille en 2020 face à Martine Aubry.

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