Des députés PS macronistes dénoncent l’utilisation des moyens du groupe PS à l’Assemblée pour la campagne d’Hamon

Publié à 15h29, le 20 février 2017 , Modifié à 17h27, le 20 février 2017

Des députés PS macronistes dénoncent l’utilisation des moyens du groupe PS à l’Assemblée pour la campagne d’Hamon
Image Sébastien Tronche


Quand y’en a plus, y’en a encore. Cette maxime valable pour les polémiques et les affaires l’est aussi quant aux divisions du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Après presque cinq ans de confrontations entre légitimistes et frondeurs, les députés PS sont désormais divisés entre pro-Hamon et pro-Macron. Un nouveau schisme. Et les socialistes macronistes n’ont pas apprécié d’être devenus indésirables aux réunions du groupe PS.

Ainsi, ce lundi 20 février, dix députés membres du groupe PS mais soutenant Emmanuel Macron pour la présidentielle ont écrit une lettre à Olivier Faure, le patron du groupe, pour dénoncer son "sectarisme de mauvais aloi". Ces députés, parmi lesquels ne figurent pas les têtes d'affiche des soutiens de l'ancien ministre de l'Economie comme Richard Ferrand ou Christophe Castaner, écrivent :

Dans tous les cas, cette décision qui crée une nouvelle fracture dans un groupe déjà soumis à de fortes tensions, nous semble regrettable et relever d'un sectarisme de mauvais aloi. En exacerbant les tensions, cette exclusion, même temporaire, ne nous semble pas de nature à répondre aux interrogations légitimes de la plupart de nos collègues quant à la place qui sera réservée à la défense du bilan du quinquennat.

Pour la plupart légitimistes et soutiens de la politique économique menée par François Hollande durant le quinquennat, ces dix élus regrettent donc leur exclusion au regard de "leur fidélité sans faille" jusque-là. "Il est pour le moins paradoxal et pour tout dire indéfendable que nous soyons exclus d'un groupe auquel nous avons été d'une fidélité sans faille pendant 5 ans quand d'autres, qui déposaient des motions de censure, refusaient de voter le budget ou la confiance n'ont jamais été sanctionnés", poursuivent-ils, Benoît Hamon dans le viseur.

Pour eux, cette décision de fermer la porte des réunions de groupe PS aux soutiens d’Emmanuel Macron compromet à terme "le rassemblement de tous les progressistes". "Ces députés-là n'ont pas interdiction de venir, il ne s'agit pas d'une 'exclusion'", explique l'entourage d'Olivier Faure au Lab.

Voir la lettre :



Enfin, ils s’étonnent que le groupe socialiste se transforme en succursale de l’équipe de campagne de Benoît Hamon et qu’Olivier Faure mette les moyens de l’Assemblée et du groupe PS à disposition du candidat socialiste. Ils concluent ainsi :



Au moment où les proches du candidat de Benoît Hamon mettent régulièrement en cause la probité d’Emmanuel Macron sur le financement de sa campagne, nous nous étonnons que le Président du Groupe propose de mettre à disposition d'un candidat les moyens publics de l'Assemblée nationale, ses locaux et ses collaborateurs.

Du côté du groupe PS, on assure que ces réunions de groupe ne seront pas consacrées à la campagne de Benoît Hamon mais au bilan du quinquennat. 

Mais du coup, il n’y a pas que le rassemblement de la gauche qui se complique à l’approche du premier tour de la présidentielle, il y a aussi le rassemblement des socialistes entre eux.

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