Manuel Valls trouve que Jean-Luc Mélenchon est "dangereux"

Publié à 08h50, le 27 juin 2017 , Modifié à 09h14, le 28 juin 2017

Manuel Valls trouve que Jean-Luc Mélenchon est "dangereux"
Manuel Valls, député de l'Essonne. © AFP
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Loïc Le Clerc pour

Pour cette rentrée des classes parlementaires, un homme sort de son *silence* : Manuel Valls. Depuis sa défaite à la primaire de la gauche, l'ancien Premier ministre s'était fait discret, gagnant aux législatives d'une courte tête une élection contestée.

Invité de RTL ce mardi 27 juin, Manuel Valls en a profité pour régler quelques comptes avec le leader de La France insoumise. A la question d'Elizabeth Martichoux "Jean-Luc Mélenchon est-il dangereux ?", il répond :

Oui, je le crois, par la violence politique qu'il pratique, par les amalgames, par les accusations qu'il a portées vis-à-vis de Bernard Cazeneuve, l'accusant d'avoir commandité l'assassinat de ce jeune Rémi Fraisse il y a déjà près de deux ans, par les attaques qu'il a portées il y a quelques jours à mon égard, m'accusant de tricherie dans cette circonscription où j'ai été élu, de racisme, d'être un ennemi de classe. Il y a de la violence en politique. Moi, je suis prêt à tout supporter et je le supporte, mais qu'on m'accuse de racisme, d'islamophobie et de tricherie, ça, ça suffit. C'est insupportable.

Manuel Valls fait ici référence à deux accrochages récents de l'Insoumis en chef. Tout d'abord en pleine campagne législative, lorsque Jean-Luc Mélenchon parle de Bernard Cazeneuve comme "le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse".

Puis il y a eu cette élection législative dans l'Essonne. Manuel Valls l'emporte avec 139 voix d'avance, accusé par sa concurrente LFI Farida Amrani d'avoir triché et dont on attend toujours le recours au Conseil constitutionnel, qui doit être déposé ce mardi.

Un Manuel Valls de retour sur la scène médiatique, qui se place de suite en opposant à LFI, qualifiant déjà dans Libération de ce mardi Jean-Luc Mélenchon de "dangereux".

[EDIT 28/06] La réponse de Jean-Luc Mélenchon est venue sur Europe 1 ce mercredi. Et l'Insoumis en chef lui retourne en quelque sorte le compliment :



Manuel Valls a été un des Premiers ministres les plus violents de l'histoire de la République, par le nombre d'opérations de police qui ont été montées contre des manifestants, aussi bien contre la loi El Khomri que la désastreuse affaire qui a conduit à la mort de Rémi Fraisse. Donc c'est pas à lui d'aller dire que les autres sont dangereux quand lui s'est manifesté comme un danger.

[BONUS TRACK] Mais t'es où ?

Interrogé sur son avenir immédiat, à savoir dans quel groupe parlementaire siégera Manuel Valls (ou bien siégera-t-il avec les non inscrits ?), l'ancien Premier ministre assure une chose :

Je voterai la confiance au gouvernement le 4 juillet prochain.

Reste à trouver un groupe parlementaire qui voudra bien de lui. Plusieurs choix sont disponibles, sans être tous ouverts ou même plausibles. 1) Le groupe PS, sauf que les socialistes se sont déclarés comme faisant partie de l'opposition, et ne voteront donc pas la confiance, et puis, comme le rappelle Manuel Valls :

Une partie de ma vie politique s'achève. Je quitte le Parti socialiste ou le Parti socialiste me quitte.

En effet, Manuel Valls est sous le coup d'une procédure devant la commission des conflits du PS depuis qu'il a choisi de soutenir Emmanuel Macron à la présidentielle, plutôt que le candidat élu de son parti Benoît Hamon. En fait, Manuel Valls est même considéré comme "démissionnaire".

2) Le groupe LREM. Manuel Valls affirme qu'y siéger est "une possibilité". Reste à savoir si Emmanuel Macron jugera opportun de l'y laisser entrer. 3) Le groupe des *constructifs* de gauche, impulsé notamment par des membres du PRG. Si Manuel Valls n'aurait "aucun problème à siéger avec ses amis [les radicaux de gauche]", encore faut-il que ceux-ci soient en mesure de mettre sur pieds ce fameux huitième groupe.

Quoi qu'il en soit, soyez-en sûr, Manuel Valls veut "siéger au coeur de cette majorité, par cohérence". Au coeur peut-être, mais pas forcément dans ses rangs.







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