Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"

Publié à 22h47, le 18 avril 2017 , Modifié à 09h50, le 19 avril 2017

Marine Le Pen estime que sous Richelieu, "les protestants avaient des exigences qui allaient à l'encontre de la Nation"
© Montage photos Le Lab via images TF1
Image Julien Chabrout


Depuis le début de sa campagne présidentielle, Marine Le Pen évoque beaucoup Richelieu, lui consacrant notamment un billet de blog. Le cardinal figure aussi en bonne place dans son bureau du QG de campagne. La candidate du FN a même enregistré ses derniers vœux devant une reproduction du tableau représentant Richelieu lors du siège de la Rochelle.

Interrogée sur TF1 ce mardi 18 avril, la présidente du FN a d’abord cité le nom du cardinal de Richelieu comme "modèle et inspiration" avant de s’en prendre… aux protestants. Voici cet échange :

 

- Gilles Bouleau : Y-a t-il dans votre panthéon politique un homme ou une femme qui vous serve de modèle, d’inspiration ?

- Marine Le Pen : En ce moment, Richelieu. Le promoteur d’un Etat moderne, qui a refusé justement peut être qu’une religion prenne le pas sur la France, oui sûrement.

- Gilles Bouleau : Il n’a pas été très amical avec les protestants…

- Marine Le Pen : Qu’est-ce que vous voulez ? C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque qui allaient à l’encontre de la Nation.

Une façon pour Marine Le Pen de s'en prendre encore à l'islam. Le cardinal de Richelieu (1585-1642) est notamment connu pour avoir commandé, sur ordre de Louis XIII, le siège de La Rochelle en 1627 et 1628. Ce terrible siège s’est terminé par la capitulation des habitants de la ville. Sur les 28. 000 habitants, 5.400 ont survécu. Pour Richelieu, qui reprochait aux protestants un supposé républicanisme caché et leur particularisme jugé nocif à l’unité nationale, il s’agissait de les soumettre à l’autorité royale.

Dans ses vœux, Marine Le Pen appelait à "un grand combat […] pour la sauvegarde de notre identité nationale". Voilà sans doute pourquoi la présidente du FN, qui fait de la lutte contre un supposé "communautarisme" l’un de ses cheveux de bataille, se passionne pour le principal ministre du roi Louis XIII. Quitte à dire des choses "graves", a jugé sur Twitter l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot.

 





Marine Le Pen est revenue sur ses déclarations, mercredi 19 avril, sur BFMTV et RMC, assurant qu'elle n'avait "rien contre les protestants" : 

J’ai juste rappelé qu’à l’époque, les protestants avec l’aide de l’Angleterre avaient cherché en réalité à créer l’Etat dans l’Etat. C’est tout. Je n’ai rien contre les protestants. Il faut quand même accepter qu’on puisse faire des références historiques dans notre pays. (…) Quand j’évoque Jeanne d’Arc, on ne va pas me faire le procès de soutenir les tueurs en série au motif que l’un de ses compagnons d’armes était Gilles de Rais. Il y a une déraison en ce moment qui fait qu’on cherche à faire dire à des responsables politiques des choses qu’ils ne disent pas. Richelieu est une grande figure de l’histoire de France, il ne faut pas le réduire à un massacre, c’est un peu une dérive. 

Marion Maréchal-Le Pen s’était attirée les foudres de la Fédération protestante de France en juillet 2015. La députée frontiste avait en effet fait le parallèle entre la Réforme protestante et, notamment, l’occupation nazie. Elle avait ensuite évoqué ses racines protestantes pour tenter de se rabibocher avec la Fédération protestante de France.

 

[EDIT 9 H 45 mercredi 19 avril] Ajout des propos de Marine Le Pen sur BFMTV et RMC





[BONUS TRACK] L’exigence de Le Pen avant de venir sur TF1 : retirer le drapeau européen

Marine Le Pen ne se sent décidément pas européenne. La présidente du FN, qui veut organiser un référendum sur la sortie de l’Euro en cas d’élection, a tout simplement exigé (et obtenu) de TF1 le retrait du drapeau européen sur le plateau de TF1. Ce drapeau est pourtant toujours présent lors de la réception des autres candidats à la présidentielle. C’est ce qu’a annoncé Gilles Bouleau au début de l’interview de la candidate du FN :



Petite précision pour nos téléspectateurs : pour accepter de participer à cette émission, Madame le Pen, vous nous avez demandé de retirer le drapeau européen qui devait figurer derrière vous.

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