Marine Le Pen, Nicolas Bay et David Rachline visés dans une enquête pour "financement illégal de campagnes électorales"

Publié à 12h05, le 10 avril 2015 , Modifié à 14h46, le 10 avril 2015

Marine Le Pen, Nicolas Bay et David Rachline visés dans une enquête pour "financement illégal de campagnes électorales"
Marine Le Pen © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Les merdes volent en escadrille, avait coutume de dire Jacques Chirac. Le Front national est en train de l'apprendre. Vite.

Alors que le parti est plongé en plein remake du Roi Lear, que sa présidente et son fondateur s'étripent par médias interposés, Le Monde révèle ce vendredi 10 avril que Marine Le Pen, Nicolas Bay et David Rachline sont visés dans l'enquête sur la société Riwal qui porte, entre autres, sur le financement des campagnes présidentielle et législative de 2012.

Cette entreprise est le principal prestataire de service du FN. Jeudi 9 avril, avant que Marine Le Pen n'intervienne sur TF1 pour annoncer l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre Jean-Marie Le Pen, Frédéric Chatillon, fondateur de Riwal et proche de la présidente frontiste, a été mis en examen pour financement illégal de parti politique.

Nouvelle étape, donc, ce vendredi 10 avril. Selon Le Monde, Marine Le Pen est suspectée d'avoir salarié "fictivement en CDD, pendant sa campagne, deux de ses conseillers : M. David Rachline, conseiller en communication, et M. Nicolas Bay, porte-parole de campagne".

Le quotidien précise que Nicolas Bay, aujourd'hui secrétaire général du FN, a été salarié de Riwal pendant en mai et juin 2012 et a touché 6.061 euros, plus 952 euros d’heures supplémentaires. David Rachline, sénateur-maire de Fréjus, a pour sa part reçu 4.306 euros plus 342 euros d'heures supplémentaires.

Par SMS au Lab, Nicolas Bay réfute tout procédé frauduleux. Il dit : 

 

C'est limpide et transparent : pendant les deux mois de campagne législative (et non pendant la présidentielle), j'ai été salarié en CDD par la société Riwal qui était chargé de l'impression et de la conception de des documents de campagne de nos candidats. Dans ce cadre, j'étais moi-même chargé de la rédaction des textes et de la correction des textes contenus dans ces documents. Il nous a semblé prudent juridiquement que je sois à ce titre-là salarié de la société Riwal pendant cette courte période afin que le Front national ne soit pas accusé d'avoir mis des moyens gratuitement à disposition de cette société. Je peux évidemment apporter très aisément la preuve de l'effectivité de ce travail. Pendant cette période, je n'avais aucune autre activité que celle-ci. 

Toujours concernant les législatives de 2012, les juges s'intéressent à la vente de kit de campagne obligatoire aux candidats.

Sur BFMTV ce vendredi 10 avril, rappelle le quotidien, Louis Aliot assure qu'il n'y a "pas de financement illégal du FN, je vous le certifie"

Mi-février, Libération publiait trois pages d'enquête sur le financement du FN et notamment sur le micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, qui vendait aux candidats frontistes aux départementales un kit de campagne fabriqués par Riwal et que la société est suspectée de surfacturer. Les grandes marges ainsi obtenues auraient pu être reversées au FN par le biais de rétrocommissions.

Marine Le Pen avait alors annoncé son intention de porter plainte contre Libération

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