Marine Le Pen profondément choquée par la volonté d'Emmanuel Macron de lutter contre les fake news

Publié à 06h33, le 04 janvier 2018 , Modifié à 06h34, le 04 janvier 2018

Marine Le Pen profondément choquée par la volonté d'Emmanuel Macron de lutter contre les fake news
Image Sylvain Chazot


Ce fut l'annonce forte d'Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse, mercredi 3 janvier, à l'Élysée : l'élaboration d'un projet de loi visant à lutter contre la diffusion de fausses informations en période électorale. "En cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet", a annoncé le chef de l'État, expliquant toutefois que "le contenu de ce texte sera détaillé dans les semaines qui viennent".

Sans préjuger de la faisabilité et encore moins de la constitutionnalité de cette future loi, on peut déjà mesurer une chose : certains ne semblent guère favorables à l'élaboration d'un tel projet. Et à commencer par Marine Le Pen.

Mercredi, juste après l'annonce présidentielle, la cheffe du Front national a posté deux messages sur Twitter laissant transparaître son inquiétude et faisant l'amalgame entre fake news et "parole libre". Dans un premier tweet, elle a écrit :

Contrôle de la parole libre sur internet, judiciarisation supplémentaire de la société : la France est-elle toujours une démocratie si elle musèle ses citoyens ? Très inquiétant !

Le deuxième message est plus interrogatif. "Qui va décider si une information est fausse ? Des juges du Syndicat de la magistrature ? Le gouvernement ?" se demande la finaliste de la dernière élection présidentielle.





Deux message signés "MLP", indiquant au passage qu'ils ont été directement écrits par la présidente du Front national.

Marine Le Pen n'est pas un cas isolé à l'extrême droite. D'autres responsables frontistes se font l'écho de ces inquiétudes. Le député Bruno Bilde a ainsi estimé qu'Emmanuel Macron "veut en réalité museler la parole libre qui s’exprime sur le net".





Le président du FNJ, Gaëtan Dussausaye, s'alarme aussi. "Et les médias qui nient les ravages de l’immigration, taisent le développement de l’islamisme sur notre sol, chantent les louanges de l’UE et de la Finance ... Poules à fake news ou non ?" se demande-t-il faussement.





Même son de cloche du côté de Jordan Bardella. Sur BFMTV, le porte-parole du FN s'insurge :

Alors évidemment, si on écoute la presse traditionnelle, Hillary Clinton n'aurait jamais été élue présidente de la République (sic), le Brexit ne serait jamais passé. La réalité, c'est que les réseaux sociaux sont une source d'information alternative pour des millions de Français aujourd'hui.  

Deux exemples pour le moins parlants, l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et la campagne en faveur du Brexit ayant toutes les deux été marquées par la diffusion de fausses informations en faveur, in fine, des vainqueurs.

À voir ci-dessous en vidéo :





Mais il n'y a pas qu'au FN qu'on insurge. "Un projet de loi pour limiter les 'fausses nouvelles' ne saurait être le prétexte pour restreindre la liberté sur Internet. C’est justement pour cette liberté que de nombreux Français s’éloignent des médias traditionnels pour débattre sur le Net !" s'est ainsi indigné, par exemple, Nicolas Dupont-Aignan.





Reste une vérité : selon un décompte effectué par Les Décodeurs du Monde, Emmanuel Macron a été le candidat le plus visé par les intox durant la dernière campagne présidentielle. Plusieurs fausses informations avaient circulé à son sujet comme le fait qu’il veuille faire payer un loyer aux propriétaires ou qu’il se lave les mains après avoir salué des ouvriers… Tout cela était faux mais tout cela avait été dit.

Quant au FN, il n'avait pas été totalement innocent dans la diffusion de fausses informations… 

Du rab sur le Lab

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