Marion Maréchal-Le Pen annonce une grosse reculade de Marine Le Pen sur la sortie de l’euro

Publié à 18h43, le 29 avril 2017 , Modifié à 14h50, le 30 avril 2017

Marion Maréchal-Le Pen annonce une grosse reculade de Marine Le Pen sur la sortie de l’euro
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


C'était un point clé de son programme. Mais dans cette campagne de l’entre-deux-tours, Marine Le Pen a opté pour une stratégie beaucoup plus pragmatique. Après avoir accepté pour la première fois un ralliement d’un autre parti, celui de Nicolas Dupont-Aignan, la candidate FN à l’élection présidentielle a aussi revu sa copie sur l’urgence de sortir de l’euro.  

C’est la députée du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, qui a acté cette reculade lors de la conférence de presse commune entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan samedi 29 avril. La nièce de la candidate frontiste a assuré que la négociation souhaitée sur l'Union européenne et l'euro commencerait en 2018 et prendrait "plusieurs mois", voire "plusieurs années" :

Marine Le Pen attendra les élections européennes en 2018 dans l'espoir de voir arriver aux affaires nos alliés, notamment en Italie. À partir de là, elle entamera des négociations pour défendre les intérêts de la France sur la suppression des travailleurs détachés par exemple, la primauté du droit français sur le droit européen, la possibilité de faire du protectionnisme et la question de la monnaie. À l'issue de ces négociations, elle reviendra devant les Français pour leur laisser le choix [...] De toute façon, quelle que soit la position des Français sur ce sujet, ils auront leur mot à dire et il y aura un long débat, vraisemblablement peut-être de plusieurs mois, ou peut-être plusieurs années avant que nous prenions cette décision historique.

Pourtant, Marine Le Pen a régulièrement répété que, dès son élection, si elle remportait la présidentielle, elle entamerait une négociation avec l'UE pour "restituer au peuple français sa souveraineté monétaire, législative, territoriale, économique". À l'issue de cette négociation à laquelle elle accordait six mois, elle prévoyait un référendum sur l'appartenance à l'UE.

Marion Maréchal-Le Pen a donc rejeté ce délai de six mois. Et pour justifier ce gros changement de cap, elle assure :

Je pense que cette position, même sur le plan des traités stricto sensu et du droit, n'apparaissait pas tout à fait réalisable. Ça sera un long processus, un processus mûri, ce sera un processus profondément démocratique.

"D'ailleurs, cela ne nous empêchera pas d'agir sur d'autres domaines... que ce soit l'immigration évidemment, l'insécurité ou même en partie l'économie...", tente encore de convaincre Marion Maréchal-Le Pen. La sécurité, l’immigration, autant de domaines qui ont toujours bien fonctionné au Front national.


 
 

 

 


[Edit 30/04 à 14h48]  Marine Le Pen récuse toute "contradiction" 

Marine Le Pen a récusé dimanche 30 avril toute "contradiction" dans sa position sur l'euro. Elle dit au micro de BFMTV, convié avec quelques médias à une visite imprévue sur le site de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) : 

Cela fait assez longtemps que je réclame la transformation de la monnaie unique vers la monnaie commune. Par conséquent, il n'y a là aucune contradiction. Oui, je pense que l'on peut parfaitement conserver l'euro monnaie commune. 

Dans un entretien au Parisien dimanche, la candidate frontiste affirme que la France aura "une monnaie nationale" si elle est élue présidente, "comme tous les autres pays". La candidate FN a ajouté que "nous aurons ensemble une monnaie commune", qui ne "concernera pas les achats quotidiens, mais uniquement les grandes entreprises qui font du commerce international".


 
 


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