Thierry Solère estime que LR "est en train d’exploser" parce que "ses électeurs sont devenus irréconciliables"

Publié à 11h40, le 30 avril 2017 , Modifié à 11h58, le 30 avril 2017

Thierry Solère estime que LR "est en train d’exploser" parce que "ses électeurs sont devenus irréconciliables"
© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


La guerre était annoncée à droite après la défaite de François Fillon à l’élection présidentielle. Elle est encore plus violente que prévue. Entre la droite de Laurent Wauquiez, qui reste sur le "ni-ni" pour le second tour et celle, plus modérée, incarnée par Jean-Pierre Raffarin, Bruno Le Maire ou Christian Estrosi, qui appelle à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen le 7 mai prochain, la rupture est bel et bien consommée. Thierry Solère va même encore plus loin. "Le parti est en train d’exploser", assure-t-il au JDD dimanche 30 avril. 

Le porte-parole de François Fillon pendant la campagne a des mots très durs contre sa propre famille politique. Pour le député des Hauts-de-Seine, il existe une rupture entre les électeurs-mêmes de la droite, qui "sont devenus irréconciliables". Il dit :

Le parti est en train d’exploser parce qu’en réalité nos électeurs sont devenus irréconciliables. Il y en a qui vont voter Le Pen et d’autres qui vont voter Macron, et les deux camps sont hystériques devant la position du parti. 

Il faut dire que le consensus n’est pas vraiment le maître mot depuis dimanche dernier chez LR. La plupart des cadres majeurs, François Fillon le premier, ont rapidement et sans réserve appelé à voter nommément pour le candidat d'En Marche !, mais certains disent seulement vouloir "faire battre l'extrême droite" quand d'autres, minoritaires, se refusent à toute forme de front républicain voire veulent carrément voter Le Pen.

Lundi 24 avril, les responsables de LR se sont retrouvés au siège du parti, rue de Vaugirard, à Paris pour tenter d’adopter une position commune. Rédigé au terme d'une âpre discussion politico-sémantique, ce texte prône donc de "voter contre Marine Le Pen" et de ne pas s'abstenir, mais pas non plus de "voter pour Emmanuel Macron", dont le nom n'est pas cité.

Une position qui ne plaît pas du tout à Thierry Solère, très remonté lundi dernier, selon des propos rapportés par le JDD :

Vous imaginez le général de Gaulle en 1940 face à l’Allemagne nazie ne pas nommer les nazis ?

"De toute façon, si on ne réussit pas à imposer que Macron soit cité, c’est qu’on n’a plus rien à faire dans ce parti", a renchéri l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

En ligne de mire, les cadors de la droite pensent bien évidemment aux élections législatives. Qui dirigera LR pour ce scrutin qui s'annonce déjà très compliqué ? Un duo Wauquiez-Baroin semble émerger. Mais ces deux-là qui ne plaisent pas vraiment à tout le monde n'ont pas encore remporté la partie. 

Pour ironiser sur l'état de crise dans lequel est plongé LR depuis une semaine, 12 jeunes élus avaient mis en vente symboliquement le siège du parti sur Le Bon coin. La vente n'est pas encore à l'ordre du jour mais la fracture, elle, semble bien définitive. 

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