Mélenchon dit vouloir présider le groupe La France insoumise à l'Assemblée après avoir expliqué l'inverse il y a 4 jours

Publié à 12h07, le 20 juin 2017 , Modifié à 16h31, le 20 juin 2017

Mélenchon dit vouloir présider le groupe La France insoumise à l'Assemblée après avoir expliqué l'inverse il y a 4 jours
Tartarin de Mélenchon © BORIS HORVAT / AFP

La star a fait son arrivée au palais Bourbon. Chemise blanche. Des sourires. Et des petits mots fermes aux journalistes qui l'entourent, comme si cela l'énervait. "Nous autres à Marseille, on a l'habitude d'être souvent comme ça", lance Jean-Luc Mélenchon aux journalistes comme s'il était Marcel Pagnol ou Jean-Noël Guerini, pour parler de sa tenue vestimentaire. Le leader de la France insoumise soigne son entrée à l'Assemblée nationale.

Ce qu'il soigne moins, en revanche, c'est la cohérence de ses propos. Devant les journalistes, Jean-Luc Mélenchon explique qu'il va prendre la présidence du groupe La France insoumise à l'Assemblée. Il dit :

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Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux à faire dans le moment où il faut donner une impulsion. Puis j'ai parlé avec eux [les autres députés LFI, NDLR] aussi pour leur demander leur avis, comment ils voyaient la chose. Il nous a semblé que c'était à ce moment-ci, à ce moment-ci je précise, le meilleur moyen de nous donner la force de démarrer.

 

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[EDIT 16h25] Auprès de LCP, Jean-Luc Mélenchon a cependant indiqué qu'il occuperait ce poste dans un premier temps mais qu'il faudrait le "remplacer" à ce poste en cours de la mandature :

Voilà qui est intéressant. Et plutôt en contradiction avec les propos de Jean-Luc Mélenchon le 16 juin dernier, soit il y a 4 jours – ce qui en temps marseillais correspond peut-être à une éternité, nous l'ignorons. Enfin toujours est-il que le 16 juin, donc, Jean-Luc Mélenchon expliquait ne pas s'imaginer président de groupe à l’Assemblée. Sur Europe 1, celui qui était encore candidat à la députation disait :

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Mes responsabilités sont plus grandes, je dois doser l’effort que je fournis.

 

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Cela était d'autant plus vrai à l'époque qu'il y aura besoin, à la rentrée, de coordonner l’opposition parlementaire de gauche qu’il veut représenter avec l’opposition sociale qui se manifestera dans la rue, selon lui. "Il s’agit aussi d’articuler le groupe avec la lutte sociale et avec le mouvement La France insoumise. C’est une tâche énorme qui est devant nous", affirmait Jean-Luc Mélenchon, qui a donc changé d'avis.  

 

 

[BONUS TRACK] Mépris by JLM

Jean-Luc Mélenchon le marseillais entend donner le ton à l'Assemblée. Et notamment s'en prendre directement aux députés LREM qui viennent, pour nombre d'entre eux, de la société civile. Il commence déjà, ce mardi, en s'en prenant à Cédric Villani, mathématicien élu député de l'Essonne. Il dit :

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Il y en a quand même qui ne sont au courant de rien. Quand on va leur expliquer… Non mais il y a des braves gens là-dedans [dans la majorité, NDLR]. Bon il y a beaucoup de DRH, de gens comme ça qui ont une conscience sociale souvent assez faible, pas toujours hein. Mais il y a beaucoup de chercheurs, d'intellectuels, je ne sais pas quoi. J'ai vu le matheux là (sic), je vais lui expliquer ce que c'est un contrat de travail, il va tomber par terre. Parce qu'il ne sait pas, il ne sait pas tout simplement, il ne sait pas ce qu'il y a dedans. Il ne sait pas que la journée de 8 heures, c'est 100 ans de lutte.

 

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Un joli mépris destiné, pour Jean-Luc Mélenchon, à entamer d'emblée la lutte contre la réforme du droit du travail. Précision de taille : Jean-Luc Mélenchon est élu depuis 1986. Cédric Villani a reçu la médaille Fields en 2010, considérée comme un équivalent du prix Nobel qui n'existe pas en mathématiques.

Ce dernier a d'ailleurs répondu au député des Bouches-du-Rhône, lui expliquant qu'en tant que directeur de l'Institut Henri Poincaré, il a vu "beaucoup" de contrats de travail

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