Non-cumul : Ciotti "respecte" la décision de Fillon... mais juge ce débat "pas complètement clos"

Publié à 11h49, le 17 janvier 2017 , Modifié à 15h44, le 17 janvier 2017

Non-cumul : Ciotti "respecte" la décision de Fillon... mais juge ce débat "pas complètement clos"
Éric Ciotti, ne cherchant surtout pas à mettre Fillon en difficulté (mais en fait si). © Montage Le Lab via LCP
Image Etienne Baldit


NAN NAN ON EST ENCORE LÀ - Aux quelques cumulards de LR qui font de la résistance, François Fillon a rappelé sa position, devant toute la famille réunie en Conseil national samedi 14 janvier à Paris : lui Président, il ne reviendra pas sur la loi interdisant le cumul d'un mandat de parlementaire avec un mandat exécutif local (maire, président de région ou de département). "Je ne reviendrai pas sur le cumul", a tranché le candidat de la droite à la présidentielle. Sans mauvaise interprétation possible.

Mais certains ont visiblement eu du mal à comprendre ces mots. Ainsi Christian Jacob, patron des députés LR et ex-soutien de Nicolas Sarkozy (qui voulait, lui, permettre à nouveau ce cumul), a-t-il entretenu la polémique lundi, en expliquant que sur le fond, François Fillon était favorable à la suppression du non-cumul des mandats. Interminable, cette fronde pro-cumul empoisonne donc le début de campagne du vainqueur de la primaire de la droite.

Éric Ciotti n'est pas du genre à vouloir mettre des bâtons dans les roues du chef. Mais il n'est pas non plus du genre à lâcher l'affaire sur le cumul. Ancien-filloniste-devenu-sarkozyste-puis-redevenu-filloniste, le député et président du département des Alpes-Maritimes joue donc les équilibristes.

Sur LCP mardi 17 janvier, il explique donc que : 1) François Fillon a été très clair, 2) il "respecte" cette décision dont le candidat est le seul maître, MAIS 3) il reste "personnellement" opposé au non-cumul et 4) ce débat "n'est pas complètement clos". Ou comment dire tout et son contraire en l'espace de quelques minutes.

Voici ce qu'il a déclaré :

- LCP : Est-ce qu'on peut encore le faire changer [Fillon, ndlr] de position ?

- Éric Ciotti : Je crois qu'il a dit les choses clairement à la tribune du Conseil national, donc personnellement je respecte sa décision. C'est lui qui est candidat, il ouvre cette relation particulière, presque intime, entre les Français et le candidat, demain entre les Français et le président de la République. C'est son projet. Personnellement, je n'ai pas voté la loi qui supprime la possibilité d'avoir un mandat parlementaire et un mandat exécutif [local].

- LCP : Lui non plus d'ailleurs.

- Éric Ciotti : Lui non plus. Je considère que cette loi était mauvaise parce qu'elle va couper les territoires de l'Assemblée nationale, du Parlement de façon générale. Après, François Fillon considère - et il a sans doute raison - qu'il serait très difficile, d'abord techniquement, de modifier les choses à l'issue de l'élection des députés de la nouvelle mandature. Techniquement, il n'y aurait que quelques jours pour le faire. Est-ce que les Français comprendraient que ce soit le premier texte qui passe ? C'est une des raisons sans doute qui a présidé à son choix. Son choix, je le respecte, c'est le sien.

Plus loin, il estime que le sujet pourrait cependant, "pourquoi pas", être traité par le biais du référendumsur la réforme des institutions que veut organiser François Fillon. Cette consultation pourrait à son sens porter sur la réduction du nombre de parlementaires et leurs compétences, mais pas seulement :

Et pourquoi pas ce débat : est-ce qu'un maire peut devenir, peut rester parlementaire ? Tous les Français pourraient être parlementaires sauf un maire, c'est une vraie question [sourire].

[...] Après, je respecterai ce choix au terme de ce débat qui n'est pas complètement clos, vous l'avez dit vous-même [sourire].

François Fillon sera certainement ravi d'apprendre que son énième mise au point publique n'a pas "clos" ce débat. Et que les parlementaires de sa famille politique, tout "fillonistes" qu'ils disent être, persistent à s'opposer à lui sur ce sujet comme sur d'autres, le maintenant donc dans l'actualité de la campagne alors qu'il ne figure pas dans son programme présidentiel.







[BONUS TRACK]

Dans la matinée, une autre sarkozyste, la vice-présidente de la région Grand Est Valérie Debord, a pour sa part publiquement soutenu François Fillon sur le non-cumul des mandats (quelques jours après s'être tout aussi publiquement opposée à lui sur les heures sup' défiscalisées). En début d'après-midi, un troisième sarkozyste, le député Daniel Fasquelle, a contesté cette position, encore une fois publiquement : 





Si même les anciens sarkozystes sont divisés entre eux... 

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