Notre-Dame-des-Landes : pour la droite locale, l'abandon de l'aéroport est une "victoire des zadistes"

Publié à 13h17, le 17 janvier 2018 , Modifié à 13h43, le 17 janvier 2018

Notre-Dame-des-Landes : pour la droite locale, l'abandon de l'aéroport est une "victoire des zadistes"
© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Image Etienne Baldit


Après plus de 50 ans d'incessants allers-retours, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a finalement été enterré par l'exécutif. Le Premier ministre Édouard Philippe en a fait l'annonce depuis l'Élysée, mercredi 17 janvier. "Je constate que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes", a-t-il expliqué, estimant qu'un tel projet "ne peut se faire dans un contexte d'opposition exacerbée entre deux parties presque égales de la population". "Le projet sera donc abandonné", a-t-il appuyé, pointant "l'impasse" dans laquelle se trouvait le dossier après des décennies de va-et-vient et de non-décisions des pouvoirs publics.

Avant même l'intervention du chef du gouvernement, l'information avait été communiquée à Ouest-France par une source ministérielle, puis à l'AFP par Philippe Grosvalet, président (PS) du conseil départemental de Loire-Atlantique et président du syndicat mixte aéroportuaire et fervent partisan de la construction de l'aéroport. Immédiatement, la droite locale a fustigé cette décision de l'exécutif, dénonçant en cœur une "victoire des zadistes".

Tels ont été les mots de Christelle Morançais (présidente LR de la région Pays-de-la-Loire), de son prédécesseur Bruno Retailleau (également président du groupe LR au Sénat) ou de Lydia Guirous (porte-parole de LR) :











Pour son annonce officielle, Edouard Philippe sera entouré des ministres Gérard Collomb (Intérieur), Nicolas Hulot (Transition écologique et solidaire), Elisabeth Borne (Transports), Nicole Belloubet (Justice) et Benjamin Griveaux (porte-parole). Une présence gouvernementale massive qui montre si besoin était la grande sensibilité du dossier. À huis clos devant les députés LREM, Edouard Philippe avait récemment reconnu qu'après l'ultime consultation d'élus menée par l'exécutif depuis début janvier, il n'était "pas forcément plus facile de se prononcer". "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" car elle fera des mécontents, a-t-il admis.

Après l'annonce de la décision de l’exécutif, les problèmes ne seront donc pas terminés pour autant. Car se pose désormais immédiatement la question du devenir de la Zone à défendre (ZAD), occupée depuis plus d’une décennie. Le ministre de l’Intérieur a prévenu que les éléments les plus radicaux seront délogés, quoi qu’il arrive. L’opération s’annonce de toute façon compliquée et non dénuée de risques. L'option la plus probable est celle d'une forme d'ultimatum pour permettre aux volontaires de quitter les lieux, avant une intervention dans quelques jours.





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