Pédophilie dans l'Église : Manuel Valls charge le cardinal Barbarin

Publié à 09h53, le 15 mars 2016 , Modifié à 13h10, le 15 mars 2016

Pédophilie dans l'Église : Manuel Valls charge le cardinal Barbarin
Manuel Valls © LIONEL BONAVENTURE AFP

L'affaire secoue l'Église catholique. Fin janvier, le prêtre Bernard Preynat a été mis en examen pour "agressions sexuelles et viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité" concernant quatre victimes "pour des faits susceptibles de s'étaler de 1986 à fin 1991". L'archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, a été mis au courant des faits vers 2007, 2008 mais n'a pas prévenu les autorités. Lundi 15 mars, Le Figaro révélait un nouveau témoignage accablant pour l'archevêque de Lyon. Un homme aujourd'hui âgé de 42 ans affirme avoir été victime d'attouchements sexuels à 16 ans par un autre prêtre.

Sur RMC ce mardi 14 mars, Manuel Valls réagit à cette actualité lourde. Le Premier ministre se dit évidemment "touché et bouleversé" par les témoignages des victimes de "ces actes abominables". Il charge surtout le cardinal Barbarin, accusé d'avoir caché ces faits. Le chef du gouvernement lance :

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Si ce débat concernait des directeurs d'école ou des élus qui n'auraient pas pris leur responsabilité par rapport à des enseignants ou à des animateurs qui sont au contact avec la jeunesse, qu'aurions-nous dit ? Nous aurions été impitoyables. […] Un homme d'Église, cardinal, primat des Gaules, qui a une influence morale, intellectuelle, qui exerce une responsabilité majeure dans notre société, doit comprendre la douleur. Le seul message que je puisse  faire passer en toute responsabilité, sans prendre sa place, sans me substituer à l'Église de France, sans prendre la place des juges, c'est de prendre ses responsabilités, de parler et d'agir.

 

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Manuel Valls refuse en revanche de demander la démission de monseigneur Barbarin. Il ne le formule pas ainsi mais, entre les lignes, la volonté du Premier ministre semble évidente.

Interrogé sur ce sujet dimanche 13 mars, Jean-François Copé a, pour sa part, refusé d'accabler l'archevêque de Lyon. "J'ai été moi-même dans une tourmente il y a quelques temps, désigné comme coupable idéal par des gens qui n'avaient jamais rien vu du dossier et qui avaient décidé que c'était plus simple de me condamner par avance", a-t-il commenté sur France 3 pour expliquer que, selon lui, il faut laisser la justice faire son travail. 

Mardi, en fin de matinée, le cardinal Barbarin a répondu à Manuel Valls, affirmant qu'il prendra "ses responsabilités", sans toutefois plus de précisions. 

[EDIT 13h09] Ajout déclaration du cardinal Barbarin

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