Penelope Gate : un premier élu membre de la campagne de Fillon lâche officiellement le candidat

Publié à 11h13, le 04 février 2017 , Modifié à 11h15, le 04 février 2017

Penelope Gate : un premier élu membre de la campagne de Fillon lâche officiellement le candidat
Thierry Benoit à l'Assemblée nationale © JACQUES DEMARTHON / AFP

Ils ne sont pas si nombreux, à droite, à demander publiquement à François Fillon de renoncer à sa candidature présidentielle sur fond de Penelope Gate. En off, les élus Les Républicains sont très volubiles et confient leur désarroi devant cette affaire qui risque de leur coûter la victoire en mai. Mais à visage découvert, ce sont essentiellement quelques sarkozystes qui plaident pour un retrait du vainqueur de la primaire.

Du côté des fillonistes, c'est plus compliqué. Le président du Sénat et fidèle de l'ancien Premier ministre, Gérard Larcher, a ainsi démenti être sur le point de "lâcher" François Fillon, vendredi 3 février. Ce samedi, Thierry Benoît, lui, franchit le pas. Sur Europe 1, le député UDI d’Ille-et-Villaine qui venait d'être recruté par l'équipe de campagne de François Fillon pour travailler sur les propositions du candidat en matière d'agriculture et de retraites, estime que cela ne peut plus durer. Il dit :

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J'observe que François Fillon n’est pas en mesure de faire campagne de manière sereine. Ses messages sont brouillés, parasités. François Fillon doit prendre une décision forte. Et chaque jour amène son lot de nouveaux éléments et il n'arrive pas à se défaire de ce sujet.



Après, je me dis que compte tenu de la situation dans laquelle on se trouve à l'issue de cette primaire de la droite et du centre, c'est sans doute et c'est même certainement aux parlementaires de faire remonter des messages aux protagonistes, aux parties prenantes de ce projet présidentiel pour essayer de trouver la solution. Parce que je dirais qu'il y a encore toute latitude pour que ce projet présidentiel, qui a été révélé au moment de la primaire, trouve le candidat qui transforme l'essai et qui fait triompher nos idées au service des Français et au service du pays.

"

À noter que Thierry Benoît avait cependant soutenu Alain Juppé pour la primaire, avant de se rallier au vainqueur. Il n'est donc "pas un filloniste de la première heure", explique-t-il au Lab. Mais il a bien intégré le staff de campagne de l'ancien Premier ministre, et "on ne force personne à le faire", reconnaît-il : "Ce sont les élus qui l'acceptent qui intègrent les équipes projet." Enfin, il plaide pour qu'Alain Juppé soit choisi pour remplacer François Fillon : "Il y avait deux finalistes à la primaire. Je considère que le vainqueur est aujourd'hui empêché. J'estime donc qu'on peut porter le regard vers l'autre finaliste."

Dans la semaine, le vainqueur de la primaire, dans la tourmente, avait demandé à ses troupes de "tenir" encore "quinze jours", le temps que l'enquête du parquet national financier se termine. Il en a aussi appelé aux électeurs, dans une vidéo sur Facebook. Mais il semblerait bien que, jusque dans ses rangs et parmi ceux qui travaillaient pour lui, on ne soit plus prêt à le soutenir...

Du rab sur le Lab

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