Pour le chef des jeunes avec Wauquiez, les enfants de "la première génération de musulmans" brûlent des voitures alors que leurs parents bossaient

Publié à 06h15, le 04 décembre 2017 , Modifié à 11h41, le 04 décembre 2017

Pour le chef des jeunes avec Wauquiez, les enfants de "la première génération de musulmans" brûlent des voitures alors que leurs parents bossaient
Laurent Wauquiez et Aurane Reihanian © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Image Sylvain Chazot


Aurane Reihanian est l'actuel président des Jeunes avec Laurent Wauquiez. C'est ainsi qu'il se présente sur son compte Twitter. Mais son ambition est plus grande : il pourrait devenir le prochain président des Jeunes Républicains tout court, lorsque son champion aura pris la tête du parti si les pronostics de ce dernier sont confirmés. Et ainsi passer de l'ombre à la lumière. 

Proche du candidat à la présidence de LR, ce jeune homme de 24 ans, assistant parlementaire de la députée LR de Haute-Loire Isabelle Valentin, et également conseiller technique au cabinet de Laurent Wauquiez à la région Auvergne Rhône-Alpes, a plusieurs obsessions : la sécurité et l'islam. Cité par Mediapart, dimanche 3 décembre, il n'hésite d'ailleurs pas à faire un parallèle entre religion, immigration et insécurité. Il déclare :

La première génération de musulmans, ils ont bossé. Ils ne brûlaient pas des voitures comme leurs enfants.

Mais, compatissant, il estime que les "jeunes de banlieue tournent mal parce qu’ils n’ont pas de racines". Et tout ça, c'est de la faute de mai-68, de cette "idéologie qui détruit la France : soixante-huitarde anti-prison, anti-police, égalitariste". "Pourquoi nous rabâcher constamment l’histoire de la colonisation dans les manuels scolaires alors que l’histoire glorieuse de notre pays est mise sous le tapis ?", s'interroge-t-il auprès de Mediapart. Ah le temps béni des colonies…

Dans un mail adressé à Mediapart et transmis au Lab, Aurane Reihanian assure qu'il n'a pas prononcé la phrase sur les enfants de "la première génération de musulmans" qui brûlent des voitures telle que rapportée par Mediapart. Il dit : 

Je n’ai pas prononcé cette phrase de la sorte. L’idée était de vous expliquer que les musulmans de la première génération avaient travaillé et s’étaient intégrés sans avoir de revendications communautaristes et sans sombrer dans la délinquance et qu’à cette époque, on ne brûlait pas des voitures.

Aurane Reihanian a donc une vision singulière de la société française. Ce fils d’immigré arménien présente la jeunesse de droite comme "une génération attentats, une génération qui veut qu’on défende les intérêts de la France, qui refuse les prières de rue, qui refuse la viande hallal dans les écoles". Il s'indigne également qu'on construise à Strasbourg "une mosquée avec deux minarets de 36 mètres de haut". "C'est malheureux, mais quand on voit qu’en Seine-Saint-Denis, il y a plus de mosquées que d’églises, les jeunes ne se sentent plus en France", s'alarme-t-il.

Un discours identitaire que ne renieraient pas certains du côté de l'extrême droite. Laurent Wauquiez, qui est obligé à longueur d'interviews et de discours de répéter que non, il ne s'alliera jamais avec un élu du Front national, risque de devoir éclaircir quelques propos. 



[EDIT 11h28] Ajout réaction d'Aurane Reihanian 

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