Pour le député PS Boris Vallaud, Emmanuel Macron ne peut pas réformer le Code du travail par ordonnances après avoir été élu avec 57% d'abstention

Publié à 15h48, le 10 juillet 2017 , Modifié à 15h48, le 10 juillet 2017

Pour le député PS Boris Vallaud, Emmanuel Macron ne peut pas réformer le Code du travail par ordonnances après avoir été élu avec 57% d'abstention
Emmanuel Macron. © AFP
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Loïc Le Clerc pour

LES CHIFFRES NE MENTENT PAS - Un petit mois avant son élection, Emmanuel Macron annonçait son intention de réformer le Code du travail par ordonnances, lui qui assurait quelques mois auparavant ne pas croire en cette méthode "une seule seconde".

Depuis, on a entendu toute sorte d'argument venir dénoncer ou justifier ce choix politique. Matthias Fekl, le dernier ministre de l'Intérieur de François Hollande, expliquait ainsi que l'adoption éclair du mariage gay en Allemagne était bien la preuve que les ordonnances sont inutiles.

Mais ce lundi 10 juillet, le député socialiste Boris Vallaud replace ce débat dans la perspective de la légitimité démocratique des deux dernières échéances électorales. A Libération, il raconte :



Après les élections présidentielle et législatives, il aurait peut-être été utile de reconsidérer le passage par les ordonnances. Dans un pays où moins d'un Français sur deux est allé voter, on n'a pas besoin de moins de discussion citoyenne, de moins de dialogue social, de moins de débat parlementaire, mais de plus de tout ça.

Pour rappel, l'abstention a atteint 25,44% au second tour de la présidentielle et dépassé les 57% pour le second tour des législatives. Mais les chiffres disent ce qu'on veut bien leur faire dire.

Car à l'inverse, Juliette Méadel, ex-secrétaire d’Etat à l’aide aux victimes, jugeait qu'avec 66% des suffrages exprimés, Emmanuel Macron avait toute la légitimité pour faire usage des ordonnances. Au lendemain du second tour, elle proférait :



Sur les ordonnances, il vient d’avoir le soutien de 65% des Français pour dire ‘nous voulons aller au bout’ de la réforme du code du travail. Et les Français viennent de lui donner ce blanc-seing.

Le député Boris Vallaud a été très virulent en commission contre cette réforme (où d'ailleurs les députés LREM n'ont pas participé aux débats, se contentant de rejeter les divers amendements). Et pourtant, cette fois-ci, il ne fait que mettre en cause la méthode, la forme. Lui qui a participé aux arbitrages de la loi Travail à l'époque de Myriam El Khomri prévient l'exécutif actuel :



La procédure qui nous est proposée escamote le débat citoyen. Pour qu'elles soient acceptées, les grandes réformes doivent être comprises.

Le manque de débats, voilà une remarque qui a souvent été faite au précédent chef de l'Etat. Julien Dray, en mai dernier, espérait qu'Emmanuel Macron n'aurait pas une trop forte majorité parce que "le fait d’avoir des alliés, de discuter, d’être obligé de prendre le temps, ça évite les erreurs qu’on a faites, par exemple au moment de la loi El Khomri".

C'est fou cette capacité des socialistes de donner des conseils basés sur les leçons de leurs expériences malheureuses.

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