Pour Marion Maréchal-Le Pen, les musulmans ne peuvent pas avoir "exactement le même rang" que la religion catholique

Publié à 11h22, le 21 novembre 2015 , Modifié à 16h58, le 21 novembre 2015

Pour Marion Maréchal-Le Pen, les musulmans ne peuvent pas avoir "exactement le même rang" que la religion catholique
© AFP
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    HÉRITAGE – C’est une interview donnée au journal Présent, quotidien de la presse nationale et chrétienne, qui marque un peu plus la ligne politique que représente Marion Maréchal-Le Pen au sein du Front national.

    Dans cette interview, relayée par l’AFP le 20 novembre, Marion Maréchal-Le Pen estime que les musulmans "ne peuvent avoir exactement le même rang" que les catholiques en France. Pour justifier son propos, elle développe :

    Il faut accepter de définir et de revendiquer quel est notre héritage et quelle est notre identité. Ça passe par l’affirmation de notre héritage gréco-romain et chrétien. Il faut dire que la France est une terre culturellement et très longtemps spirituellement chrétienne.

    Partant de cet « héritage », la tête de liste aux régionales en PACA ajoute :

    Et dans ces conditions, si des Français peuvent être musulmans et exercer leur foi, il faut qu’ils acceptent de le faire sur une terre qui est culturellement chrétienne. Ça implique aujourd’hui qu’ils ne peuvent pas avoir exactement le même rang que la religion catholique. Ne serait-ce que parce que nous avons des traditions populaires qui ont des connotations spirituelles qui peuvent s’exercer dans le cadre public, ce qui aujourd’hui ne peut pas être le cas de l’islam.

    En clair, pour la députée FN, l’islam et certaines de ses pratiques ne "peuvent s’exercer dans le cadre public".

    Pourtant, il y a quelques jours, le sénateur FN David Rachline estimait que le CFCM avait "instauré l’islam comme religion d’État". Du coup, entre un islam pas conforme au cadre public et un islam comme "religion de l’État", on s’y perd un peu.



    [BONUS TRACK] Spécialiste de l’islamophobie

    Dans ce même entretien, Marion Maréchal-Le Pen est formelle : "Il n’y a aucun phénomène d’islamophobie en France". Elle souhaite notamment que l'on "sorte de la culture de l’excuse". Un argument ancien au Front national qui est démenti par les faits.

    Ainsi, depuis les attentats meurtriers du 13 novembre, 25 actes anti-musulmans ont été recensés par l’observatoire contre l’islamophobie.

    Une affirmation déjà lancée par Marine Le Pen en mars dernier. Mais une affirmation déjà fausse à l’époque.



    [EDIT 16h55] Dans un communiqué transmis aux rédactions, Marion Maréchal-Le Pen dément vouloir "faire une hiérarchie entre les personnes, en l'occurrence les musulmans et les catholiques". Elle écrit :

    L'idée que j'ai développée est la suivante: s'il y a aujourd'hui de nombreux français de confession musulmane, la France n'est pas pour autant une terre d'islam. Il est donc tout à fait normal que ceux, français comme étrangers, qui résident sur le territoire se plient aux mœurs, aux traditions, au mode de vie façonnés, entre autre, par 16 siècles de chrétienté. À ce titre, la culture dominante étant empreinte de catholicisme, il est tout à fait normal que nos traditions populaires (crèches, jours fériés, procession...) accordent une place publique plus importante aux références catholiques qu'à l'islam. D'où le terme de " rang" employé dans l'interview. Je souhaiterais donc être 'jugée' sur cette idée que j'assume parfaitement et non sur des propos tronqués cherchant une fois de plus à me faire dire ce que je n'ai jamais dit ou pensé.




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