Raquel Garrido sur C8 : le CSA dément avoir "exigé" le retrait politique de la chroniqueuse insoumise

Publié à 17h11, le 12 novembre 2017 , Modifié à 19h52, le 12 novembre 2017

Raquel Garrido sur C8 : le CSA dément avoir "exigé" le retrait politique de la chroniqueuse insoumise
Raquel Garrido © AFP
Image Etienne Baldit


VRAI / FAUX - "Le CSA m'a placée devant un dilemme. Soit renoncer à mon engagement politique soit être décomptée France insoumise. [...] Le CSA a exigé un retrait total de mes activités politiques." C'est en ces termes que Raquel Garrido a justifié, dans une interview au JDD dimanche 12 novembre, son retrait de la vie politique et le maintien de sa chronique hebdomadaire dans l'émission de Thierry Ardisson sur C8, Salut les Terriens. Une version qui n'est cependant *pas tout à fait* la même que celle que donne au Lab le gendarme de l'audiovisuel.

"Le CSA a bon dos", s'agace-t-on en effet du côté de l'autorité administrative indépendante, assurant le contraire de ce qu'explique la désormais ancienne "oratrice nationale" de La France insoumise :

Nous n'avons rien exigé de madame Garrido. Nous n'avons évidemment rien demandé. C'est une décision personnelle.

Le Conseil explique n'avoir émis aucun avis ou recommandation concernant l'ex-porte-parole de Jean-Luc Mélenchon durant la présidentielle. C'est plutôt la société de production de l'émission de Thierry Ardisson qui aurait récemment pris langue avec eux pour savoir si les chroniques de Raquel Garrido seraient comptabilisées comme du temps de parole politique. Le CSA indique :

Nous leur avons confirmé que ce serait compté de la sorte, que c'était la règle. On applique les règles, point. Ensuite, c'est à l'éditeur [du programme] ou à la personne concernée de prendre leurs décisions.

Car outre les périodes électorales où les critères de répartition du temps de parole politique sont très strictes, le gendarme de l'audiovisuel veille aussi en temps normal. "Le Conseil veille au respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les services de télévision, en particulier dans les émissions d’information politique et générale", peut-on ainsi lire sur le site du CSA. "L'opposition parlementaire" se voit ainsi réserver "au moins la moitié" du temps de parole dévolu au "bloc majoritaire" (membres du gouvernement, représentants de la majorité parlementaire et collaborateurs du Président).

Au Lab, le CSA explique qu'il existe un faisceau d'indices selon lequel Raquel Garrido "fait de la politique, au sein d'un parti politique". Raison pour laquelle sa chronique chez Ardisson est comptabilisée comme du temps de parole LFI. Mais le conseil précise surtout que la chaîne C8 elle-même effectue ce décompte :

Nous travaillons sur du déclaratif et nous vérifions a posteriori. Ce sont les éditeurs qui font le décompte et nous donnent leurs informations. En l'occurrence, C8 nous avait envoyé ses relevés présentant la chronique de Raquel Garrido comme estampillée La France insoumise.

"On ne donnerait jamais un message du style 'faites ci ou faites ça'", martèle-t-on encore, pestant contre une "manière un tout petit peu biaisée" de présenter les choses de la part de Raquel Garrido.

Dans Le JDD le jour-même, cette dernière assurait que ni les polémiques autour de sa personne, ni l'agacement de Jean-Luc Mélenchon rapporté par des proches du leader de LFI, n'étaient la cause de son retrait de la vie politique. Elle affirmait :

Le CSA a comptabilisé mes passages à l'antenne en temps de parole France insoumise, ce qui a créé un déséquilibre sur la chaîne. Le CSA m'a placée devant un dilemme. Soit renoncer à mon engagement politique soit être décomptée France insoumise.

[...] Je répète : pour maintenir ma chronique hebdomadaire, il fallait l'ôter du décompte France insoumise. Pour cela, le CSA a exigé un retrait total de mes activités politiques.

Aurait-elle légèrement omis de mentionner l'implication de la chaîne et de la société de production dans cette histoire ?









[EDIT 19h10]

Du côté de Raquel Garrido, on précise que des échanges ont effectivement eu lieu entre le CSA, la chaîne et la production (à l'initiative de ces dernières), pour savoir comment faire sortir les interventions de la chroniqueuse du décompte de temps de parole politique. La conclusion du CSA étant que pour ce faire, il fallait une déclaration publique selon laquelle Raquel Garrido arrêtait la politique.





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