Réfugiés : le Premier ministre hongrois Viktor Orban se défend des critiques en invoquant Nicolas Sarkozy

Publié à 07h27, le 17 septembre 2015 , Modifié à 11h04, le 22 septembre 2015

Réfugiés : le Premier ministre hongrois Viktor Orban se défend des critiques en invoquant Nicolas Sarkozy
Viktor Orban et Nicolas Sarkozy en 2010. © AFP
Image Sébastien Tronche


En première ligne sur le chemin migratoire qui mène à l’Union européenne, la Hongrie a des positions dures. Mais assumées par son Premier ministre Viktor Orban. Après avoir construit une première barrière de barbelés à sa frontière avec la Serbie, puis fermé cette même frontière, la Hongrie a renforcé la présence militaire à sa frontière, engendrant des échauffourées. Le pays souhaite désormais créer un mur à sa frontière avec la Croatie.

Des décisions radicales, ajoutée à une législation très restrictive pour les migrants, critiquées par nombre de dirigeants européens. Interrogé sur ces critiques, ce jeudi 17 septembre dans Le Figaro, le très droitier dirigeant hongrois Viktor Orban cite Nicolas Sarkozy. Pour se défendre, au lendemain d'un débat à l'Assemblée sur les réfugiés, d’une journée de travail chez Les Républicains sur l’immigration et des annonces de Manuel Valls sur la question des réfugiés et la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières, il dit :

Chaque jour, il y a quelqu’un qui critique la Hongrie. Comme à l’école ! Ah, ces socialistes ! Ils ont une manière de penser très compliquée. En Hongrie, nous sommes guidés par notre bon sens. Certains veulent franchir illégalement notre frontière : on ne peut pas les laisser faire, c’est tout ! La Hongrie a été le seul pays à prendre au sérieux les accords de Schengen. Et on nous critique pour cela ! C’est ridicule. Mais je suis content de voir que de plus en plus de dirigeants européens suivent la même voie… Et Sarkozy, qui ne peut pas être taxé d’extrémiste, a des positions similaires aux miennes ! Donc on voit que les positions hongroises ne sont pas extrémistes.

Alors que la gauche française est plus que critique envers le dirigeant  hongrois - le Parti socialiste dénonce "cette politique inhumaine et contraire aux valeurs et principes de l’Union européenne dont la Hongrie est membre" -, certains, à droite, le regardent d’un bon œil. Ainsi le député LR Thierry Mariani a invité, en juillet, la droite française à "mieux observer la Hongrie" de Viktor Orban.

Rappelons quelques points concernant Viktor Orbán. La présence du Premier ministre hongrois à la manifestation du 11 janvier à Paris avait créé un certain malaise. Le jour-même du défilé, Viktor Orbán avait déclaré à la télévision d'État hongroise que "l’immigration économique [...] n’apporte que des troubles et des menaces au peuple européen" et "doit être stoppée". Il ajoutait :

Nous ne voulons pas voir parmi nous une minorité signifiante qui a un bagage et des caractéristiques culturelles différentes. Nous aimerions que la Hongrie reste la Hongrie.

Fin mai, et comme le rapportait Libération, le gouvernement a envoyé un questionnaire à tous les citoyens, qui comporte des questions comme : "Êtes-vous d’accord avec le fait que les migrants menacent l’existence et l’emploi des Hongrois ?" "Les prochains réfugiés seront des terroristes", estimait encore un membre du gouvernement. Selon un député hongrois d'extrême droite (Jobbik) cité par Libération, il est "difficile, sur cette question, de dépasser ce gouvernement par la droite".

Autre sujet de controverse : le souhait de Viktor Orbán de rétablir la peine de mort, qui avait notamment causé quelques discussions au Parlement européen. "Sa volonté de relancer [ce] débat, au nom de la 'liberté d'expression', est incompatible avec les valeurs et le socle législatif de l'Union [européenne], lui ont rappelé les eurodéputés", relatait France Info le 24 mai. Parmi eux, le chef de la délégation française du PPE (dont fait partie Les Républicains), Alain Lamassoure.

Enfin, la liberté de la presse est un sujet d'inquiétude constante en ce qui concerne la Hongrie.

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