Regardez comment le FN est en train de changer son discours sur l'Europe

Publié à 11h49, le 11 octobre 2017 , Modifié à 11h49, le 11 octobre 2017

Regardez comment le FN est en train de changer son discours sur l'Europe
Marine Le Pen © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Image Sylvain Chazot


Longtemps, le Front national a dénigré l'Union européenne. Marine Le Pen a même promis qu'avec elle à l'Élysée, il fallait s'attendre à quelques changements au niveau du continent. Son crédo se résumait en un mot : Frexit.

La sortie de la France de l'Union européenne figurait en bonne place dans la liste des 144 engagements de Marine Le Pen pour la présidentielle. C'était même son engagement n°1. C'est dire s'il était important. "Une négociation sera engagée avec nos partenaires européens suivie d’un référendum sur notre appartenance à l’Union européenne. L’objectif est de parvenir à un projet européen respectueux de l’indépendance de la France, des souverainetés nationales et qui serve les intérêts des peuples", écrivait-elle.

Mais tout a changé avec : 1) le désastre du débat de l'entre-deux-tours, 2) l'échec des législatives et 3) le départ du plus europhobes des frontistes, Florian Philippot. Et aujourd'hui, le FN n'est plus vraiment sûr de vouloir sortir de l'Union européenne. Dans Valeurs Actuelles, en kiosque jeudi 12 octobre, Marine Le Pen l'assure :



Dans de nombreux domaines, on peut améliorer la vie quotidienne des Français sans quitter l'Europe, ni l'euro.

Dans son entreprise de refondation, le FN ne souhaite désormais plus quitter l'UE. Une évolution récente mais déjà bien intégrée. Ce jeudi, sur BFMTV, Louis Aliot enterre le Frexit. Et s'en prend au passage à Florian Philippot. "Nous sommes des eurosceptiques. Le problème qu'il y avait sur l'Europe c'est que nous ne pouvions pas en discuter. Ça avait été préempté par une élite autoproclamée et quand nous arrivions dans les réunions pour en discuter, on ne pouvait pas. C'était monsieur Philippot qui décidait ce qui est bon pour l'Europe. Il décidait pour tout le monde", assène le vice-président du FN. Louis Aliot poursuit :

Ce n'est pas une histoire de Brexit (sic) ou de pas de Brexit (re-sic), c'est une histoire de refonder l'Europe. En tant que Français, nous sommes des Européens, comme les Espagnols, comme les Italiens. Je suis pour qu'on fasse un nouveau traité qui garantisse la souveraineté des États, l'indépendance de la France et dans la défense de cette souveraineté, la question économique et monétaire sera posée.

Et tel Florian Philippot, Louis Aliot prend pour modèle le général De Gaulle en faisant la promotion d'une Europe des nations. "Je suis pour la renégociation de l'Europe au sens large", dit-il.

Le discours du FN a donc grandement évolué au sujet de l'Europe. Cela devrait forcément entraîner une modification profonde du programme frontiste. Car Marine Le Pen ne s'en est jamais cachée : sa politique est en grande partie dépendante d'une sortie de l'UE et de l'euro.

"Si le résultat [du référendum sur la sortie de l'UE] est non, cela veut dire que les Français auront choisi un modèle de gouvernance qui est imposé par l'Union européenne et donc, dans ces conditions-là, à peu près 70% de mon projet ne pourrait pas être mis en œuvre", disait-elle sur Europe 1 en mars dernier. Elle pourra toujours compter sur les 30% restants… 

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