Ségolène Royal critique "l’ordre" de Manuel Valls d'autoriser le rejet de boues rouges dans les Calanques

Publié à 08h17, le 30 décembre 2015 , Modifié à 08h23, le 30 décembre 2015

Ségolène Royal critique "l’ordre" de Manuel Valls d'autoriser le rejet de boues rouges dans les Calanques
Ségolène Royal et Manuel Valls © JACQUES DEMARTHON / AFP
Image Sylvain Chazot


Ce n'est pas la première fois que Manuel Valls voit se dresser sur son chemin Ségolène Royal : les points de tensions entre le Premier ministre et sa ministre de l'Écologie sont nombreux. Cette fois, les deux s'écharpent au sujet du rejet de boues rouges en Calanques. Et l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 ne prend aucun gant avec son patron.

Mardi 29 décembre, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé l'autorisation du rejet par l'industriel Altéo de boues rouges dans le Parc national des Calanques, dont plusieurs associations dénoncent la toxicité. Cela n'a clairement pas plu à Ségolène Royal, qui, auprès de l' AFP, a ciblé Manuel Valls. Elle a dit :

L'ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct. […] Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis, je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi.

Voilà. Quand on est Ségolène Royal, on peut donc désapprouver tout à fait officiellement une décision que l'on sait venir directement de Matignon. On peut même sous-entendre que le chef du gouvernement est un peu couard sur les bords. "Il aurait fallu avoir le courage d'imposer à l'entreprise une mutation du site et une dépollution, a expliqué Ségolène Royal. Là, l'entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer."

Mais ce genre de prise de parole n'est pas grave, tant que cela vient de Ségolène Royal. Pour Matignon, il s'agit d'"un cas relativement classique de désaccord entre deux cabinets ministériels, ceux de l'Economie et de l'Ecologie".

Ce n’est pas la première fois que Manuel Valls et Ségolène Royal ne sont pas sur la même longueur d’onde. C'était déjà le cas sur la date de réduction de la part du nucléaire en France ou sur l'extension de Roland-Garros. En janvuier 2015, le chef du gouvernement avait recadré sa numéro 3 sur la hausse des tarifs de la SNCF après avoir également tenu un discours différent sur les sociétés d’autoroute ainsi que sur la hausse du prix du gaz.

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