Sénatoriales : LREM en net recul, Patriat qualifie l'élection "d'épiphénomène de la vie politique"

Publié à 20h21, le 24 septembre 2017 , Modifié à 21h31, le 24 septembre 2017

Sénatoriales : LREM en net recul, Patriat qualifie l'élection "d'épiphénomène de la vie politique"
François Patriat sur Public Sénat, dimanche 24 septembre 2017 © Montage le Lab
Image Etienne Baldit


La douche est *un brin* frisquette. Arrivée à ces élections sénatoriales avec 29 membres, La République en marche avait initialement tablé sur une soixantaine d'élus après le scrutin de ce dimanche 24 septembre. Devant le résultat mitigé annoncé, le parti d'Emmanuel Macron avait déjà sérieusement réduit ses objectifs. Finalement, il semblerait que le groupe LREM soit... moins important qu'avant l'élection (sans doute 25 ou 26 élus). Premier échec électoral pour le chef de l'État et son parti, après les succès de la présidentielle et des législatives. Et celui-ci rend très compliquée pour l'exécutif l'obtention d'une majorité des 3/5e du Parlement, nécessaire pour mener à bien sa réforme constitutionnelle (limitation du cumul des mandats dans le temps, réduction d'un tiers du nombre de députés et sénateurs, rénovation de la procédure parlementaire, suppression de la Cour de justice de la République, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, réforme du Conseil économique et social, etc.).

Ce mot d'échec, François Patriat se refuse évidemment à l'employer. Sur Public Sénat ce dimanche soir, le patron du groupe LREM au Sénat minimise ce revers, sans cacher une certaine déception. Le sénateur ex-PS de Côte-d'or évoque des "élections préfabriquées" et une issue "mécanique" : le corps électoral des sénatoriales est en effet composé de quelque 76.000 conseillers municipaux et leurs délégués, conseillers régionaux, conseillers départementaux et parlementaires ; à part les députés, LREM n'en disposait d'aucun étiqueté, n'ayant pas participé à ces élections-là ces dernières années. "Nous n'avions pas d'électeurs", résume François Patriat. Qui ajoute carrément, quelques minutes plus tard :

Je pense que l'élection de ce soir est un épiphénomène de la vie politique de notre pays, dans la mesure où ce soir la droite sort renforcée, que d'autres résistent bien [notamment le PS et le PCF, ndlr] et que pour ce qui concerne La République en marche, c'est une page blanche que nous avons ouverte, qui continue. Mais la première élection pour La République en marche [au Sénat], ce seront les élections de 2020, quand nous aurons des électeurs En Marche issus des conseils municipaux, des conseils généraux, que nous n'avons pas aujourd'hui.

On imagine qu'il aurait ÉVIDEMMENT dit la même chose si son parti avait remporté ces élections, ou même simplement augmenté ses forces... "Je ne dis pas que c'est une victoire bien entendu, je souhaitais que nous soyons plus nombreux, a-t-il toutefois concédé. Nous ne le sommes pas ce soir mais je ne désespère pas, dans les temps à venir, de voir notre mouvement progresser et le groupe aussi."

Et ce fan numéro 1 d'Emmanuel Macron d'ajouter un dernier argument pour minimiser la défaite du soir :



N'oubliez pas qu'il y a des sénateurs qui ont été élus, investis par En Marche et qui ne rejoindront pas le groupe En Marche. Il y en a beaucoup. Il y en a qui vont aller vers les RDSE [radicaux, ndlr], qui vont aller vers le MoDem, qui vont aller chez Les Républicains, donc il y a plus de sénateurs élus étiquetés en Marche qu'il n'y en a au groupe.

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