Valérie Boyer prend l'exemple d'une caissière pour défendre l'autorisation des contrôles d'identité par la police municipale

Publié à 07h40, le 28 septembre 2017 , Modifié à 07h43, le 28 septembre 2017

Valérie Boyer prend l'exemple d'une caissière pour défendre l'autorisation des contrôles d'identité par la police municipale
Valérie Boyer © AFP
Image Sylvain Chazot


L'examen du projet de loi anti-terroriste se poursuit à l'Assemblée nationale. Et certains politiques, malgré la fatigue, continuent de nous surprendre par leur abnégation. Car il en faut, n'est-ce pas, pour parvenir à défendre, exemples à l'appui et des heures durant, des amendements dont on sait qu'ils ont de grandes chances d'être rejetés.

Voyez Valérie Boyer. La députée LR des Bouches-du-Rhône n'est pas la dernière en matière de proposition. Elle a notamment déposé un amendement pour que les palpations de sécurité puissent s’effectuer sans distinction de sexe – en gros pour que les femmes puissent être palpées par des hommes pour des raisons de sécurité. L'amendement a été rejeté. Pas grave : Valérie Boyer en a encore plein sous le coude.

Mercredi 27 septembre, dans la soirée, elle a ainsi défendu l'amendement n°221. Objectif : permettre aux officiers de police municipale de réaliser des contrôles d'identité comme les policiers et les gendarmes. "C'est une mesure de bon sens", a déclaré le député Alain Marleix pour défendre cet amendement déposé par plusieurs élus LR dont Éric Ciotti et Guillaume Larrivé, décidément en première ligne dans le dépôt d'amendements. Valérie Boyer succède à Alain Marleix. Pour défendre l'amendement n°221, elle prend l'exemple d'une caissière de supermarché :

Le présent amendement demande aux agents de police municipale d'effectuer des contrôles d'identité, de demander des papiers d'identité. Je me permets juste de vous rappeler que quand on est au supermarché et qu'on passe un paquet de lessive, la caissière demande des papiers d'identité. Et la police municipale ne peut pas demander des papiers d'identité alors que nous sommes en état d'urgence ? On n'est pas en capacité de faire évoluer le texte ? Mais ces choses-là sont aberrantes aujourd'hui !

Et Valérie Boyer de demander à ses collègues de "faire de la politique autrement" en étant "concrets".

Le député de La France insoumise Ugo Bernalicis prend la parole et se moque allègrement de Valérie Boyer et de son exemple qu'on pourra poliment qualifier de non-adéquat. "J'ai beaucoup aimé le coup de la caissière. Franchement, c'est pas mal. Sauf que la caissière, elle ne fait pas un contrôle d'identité. Elle reporte le numéro de la carte nationale d'identité, dit-il. […] Si c'est une fausse pièce d'identité, elle n'en saura jamais rien. Ce n'est pas grave. Ça fait sourire tout le monde quand vous parlez de ça. Ça fait un effet de manche, c'est intéressant."

Mais, pour la défense de Valérie Boyer, l'exemple de la caissière qui demande une pièce d'identité a déjà été porté par un député. Et pour le même objectif. Voici en effet ce que disait Christian Estrosi en 2015, quelques jours à peine après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis :

Vu les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui, je souhaite que les polices municipales soient désormais habilitées à procéder à des contrôles d’identité, comme les autres forces de sécurité intérieure dans notre pays. Personne ne peut comprendre qu’une caissière de supermarché puisse demander une pièce d’identité pour opérer des vérifications sur un chèque qui lui est remis alors qu’un policier municipal ne le peut pas.

La demande avait été rejetée. Elle l'avait déjà été en 2011, pour des raisons d'inconstitutionnalité. Elle l'a encore une fois été rejetée, mercredi soir.

Caramba, encore raté. 



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