Via une tribune cosignée avec Matthieu Pigasse, Arnaud Montebourg met les pieds dans le plat, en plein congrès PS

Publié à 09h26, le 07 juin 2015 , Modifié à 10h07, le 07 juin 2015

Via une tribune cosignée avec Matthieu Pigasse, Arnaud Montebourg met les pieds dans le plat, en plein congrès PS
Montebourg regardant la réaction des socialistes à sa nouvelle carte postale. © MEHDI FEDOUACH / AFP

3615JEXISTE - Il ne veut pas se faire oublier. Alors, Arnaud Montebourg, retiré de la "vie politique professionnelle" continue de distiller ses cartes postales façon Nicolas Sarkozy pour continuer d’exister dans l’espace médiatico-politique. Et ce dimanche 7 juin, jour de clôture du congrès du PS à Poitiers, l’ancien ministre de l’Economie met les pieds dans le plat en signant, dans le JDD, une tribune au vitriol contre l’exécutif cosignée avec Matthieu Pigasse. Son titre, fort optimiste : "Hébétés, nous marchons vers le désastre…"

#LE CONTEXTE

Le 77e congrès du PS à Poitiers a validé, avec la victoire de la motion A et l’élection de Jean-Christophe Cambadélis, l’orientation économique du gouvernement, dans le sillage de François Hollande et de Manuel Valls, révélant une fracture entre deux gauches socialistes. Absent de ce congrès, puisque retiré de la vie politique "politicienne" et active, Arnaud Montebourg a profité de cet événement majeur de la planète socialiste pour se rappeler aux bons (ou mauvais) souvenirs de ses camarades.

#LES EXPEDITEURS

Ils sont deux. Deux personnalités iconoclastes de la gauche française. Arnaud Montebourg, ex ministre du Redressement productif, ex ministre de l’Economie démissionné un matin d’août après Frangy et devenu vice-président d’Habitat. Et puis il y a l’homme d’affaires Matthieu Pigasse. Deux déçus du quinquennat de François Hollande et de la ligne économique adoptée.

#LES DESTINATAIRES

Les deux hommes, mais surtout Arnaud Montebourg, s’adressent tant aux socialistes réunis en congrès dans la Vienne qu’à François Hollande et Manuel Valls directement. Le timing est bien choisi pour l’ancien ministre qui continue d’exister par petites touches et par la stratégie éprouvée de "la carte postale".

#LE MESSAGE

"Nous avons écrit à quatre mains ce papier pour éveiller les consciences de gauche", s’explique Arnaud Montebourg au JDD. "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat ?" s’interrogent les deux auteurs de la tribune dans ce texte au vitriol qui étrille l’exécutif et plaide pour une coalition européenne anti-austérité, souhaitant une "coalition des pays européens" pour une stratégie de "baisse d'impôts en faveur des ménages" et de résorption du déficit "par la croissance mais non par l'austérité". Ainsi écrivent-ils :

"

Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée.

"

"L'absurde conformisme bruxellois" de la politique de l'exécutif "est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national", accusent encore les deux trublions.

#LES RÉACTIONS

Sans surprise, Arnaud Montebourg, dont l’absence au congrès a mis en lumière l’étiolement de ses troupes, d’autant plus qu’Aurélie Filippetti également a séché la grand-messe du PS, a fait réagir chez ses (ex ?) camarades. Invité de France Info ce dimanche, le vallsiste Luc Carvounas juge cette tribune "absurde" et estime qu’Arnaud Montebourg "se trompe".

Pour Jean-Marc Ayrault, lui-même auteur d'une tribune vendredi sur la réforme fiscale, Arnaud Montebourg ne cherche juste qu'à faire parler de lui :

Et l'ancien Premier ministre de pester contre la lumière trop importante prise par les absents du congrès. Et notamment son ancien ministre :

Député PS légitimiste de la Loire, Jean-Louis Gagnaire a fustigé cette tribune, allant jusqu’à comparer Arnaud Montebourg à… Nicolas Sarkozy. L’intéressé appréciera.

Et de s’interroger sur "le devoir de réserve" de l’ancien ministre de Bercy :

Du rab sur le Lab

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