VIDÉO - Contre l'écriture inclusive, la députée LR Annie Genevard propose d'instaurer un statut juridique à la langue française

Publié à 16h40, le 29 novembre 2017 , Modifié à 16h49, le 29 novembre 2017

VIDÉO - Contre l'écriture inclusive, la députée LR Annie Genevard propose d'instaurer un statut juridique à la langue française
La députée Annie Genevard au milieu de ses collègues député•e•s © JACQUES DEMARTHON / AFP
Image Sylvain Chazot


Où l'on reparle de l'écriture inclusive, grande "menace" sur la langue française et "péril mortel" si l'on en croit certains inquiets, notamment du côté de Les Républicains. Souvent résumée à l'insert d'un • pour intégrer les formes féminines et masculines d'une entité, l'écriture inclusive est une pratique bien plus large destinée à redonner de la visibilité au féminin au niveau grammatical.

Elle est donc une nouvelle fois abordée à l'Assemblée nationale, ce mercredi 29 novembre, à l'occasion de la séance de questions au gouvernement. Et pas en bien. Cette pratique est "un nouveau danger" qui menace la langue française, selon la députée LR Annie Genevard. Mais l'élue du Doubs a une solution, qu'elle présente donc au Premier ministre :

Dans une circulaire récente, vous invitez à ne pas en faire usage [de l'écriture inclusive] dans les actes administratifs [voir ici, NDLR]. C'est bien. Mais cela ne suffit pas. D'abord parce que c'est une invitation et non pas une interdiction. Ensuite parce qu'un autre, à votre place, aurait pu prendre une décision contraire. Ainsi, le sort de de la langue serait assujetti non pas à l'usage, non pas à l'autorité moral de l'Académie française, mais à une décision politique. Il faut donc conférer un statut juridique à la langue française qui la protège de la tentation de forcer l'usage à des fins idéologiques.

Un instant isolé par LCP à voir ci-dessous en vidéo :





C'est Edouard Philippe himself – enfin lui-même d'ailleurs en bon français – qui lui répond. Le Premier ministre rappelle que "la langue française est vivante et c'est très bien ainsi". "C'est un élément vivant, qui s'adapte en fonction des usages", a affirmé le chef du gouvernement, ajoutant que sa circulaire consistait "seulement à rappeler ce qui [lui] parait relever de l'évidence, c'est-à-dire l'idée simple que, dans un texte officiel, le français qui doit être utilisé est celui qui correspond aux règles convenues du français".

Édouard Philippe prévient, en revanche :



J'aime, comme vous, la langue. J'essaye de l'utiliser avec respect, et c'est parfois difficile. Elle continuera à évoluer. […] L'usage précède toujours la norme en matière de langue. Je ne rentrerai pas dans une logique de ou de réglementation mais j'insiste : ce que nos enfants apprennent à l'école doit être la règle commune. Il ne peut pas y avoir dans tel ou tel établissement ou par le choix individuel de tel ou tel professeur, des règles de grammaire différentes ou des règles orthographiques différentes. J'insiste là-dessus et nous rappelons que dans les textes officiels, c'est bien le français tel qu'il s'écrit aujourd'hui, qui doit prévaloir. Je n'irai pas plus loin mais j'entends que ces règles simples soient respectées.

Mi-novembre, des députés LR avaient déposé une proposition de résolution contre l’écriture inclusive, qualifiée d’"endoctrinement". Les élus citaient, à titre de comparaison, rien de moins qu’un extrait de 1984, ce roman d’anticipation de George Orwell décrivant un régime totalitaire et ayant pour outil, notamment, la "novlangue".



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