VIDÉO - En 2012, Jean-Luc Mélenchon dénonçait "les chefs qui vont dans des planques où ils sont assurés d’être élus"

Publié à 10h45, le 12 mai 2017 , Modifié à 11h14, le 12 mai 2017

VIDÉO - En 2012, Jean-Luc Mélenchon dénonçait "les chefs qui vont dans des planques où ils sont assurés d’être élus"
Jean-Luc Mélenchon dénonçait les "parachutages" en 2012. © Captures d'écran France Inter
Image Victor Dhollande-Monnier


Après avoir échoué à "600.000 voix" à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a décidé de se présenter aux élections législatives dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône. Son principal adversaire, le député PS sortant Patrick Mennucci, a dénoncé mercredi 10 mai "le parachutage" du patron de la France insoumise à Marseille, "une reproduction en pire de la vieille politique". Exactement ce qu'aurait pu penser Jean-Luc Mélenchon il y a cinq ans. En effet, il s’en était pris en 2012 aux "chefs qui vont dans des planques où ils sont assurés d’être élus". Une archive *légèrement* gênante exhumée jeudi 11 mai par un internaute sur Twitter.

Candidat aux élections législatives de 2012 dans la circonscription d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Jean-Luc Mélenchon avait été vivement critiqué par la direction du PS, estimant que ce dernier aurait dû aller batailler contre la droite plutôt que de choisir une circonscription détenue par un socialiste. Invité le 14 mai sur France Inter, le patron du Front de gauche [le nom de son parti il y a cinq ans, ndlr] s’était lancé dans une tirade sur "la noblesse de la politique" :

- Jean-Luc Mélenchon : La bataille va avoir un sens pour tout le pays, il faut l’accepter. C’est même la noblesse de la politique que de donner à voir des enjeux. Quant à moi, dans cette affaire, on voit bien que je n’y ai aucun intérêt personnel. Je suis séparé par plus de 15 points de Madame Le Pen. C’est elle qui est devant la circonscription et le socialiste est devant moi de plus de 10 points. Donc, j’y vais parce qu’il y a débat. C’est ça la noblesse de la politique. C’est pas les chefs qui vont dans des planques, dans des endroits où ils sont assurés d’être élus d’avance. Moi, je ne suis pas nommé par Pierre Mauroy comme Martine Aubry l’a été à Lille. Je ne suis pas nommé par la rue de Solferino tantôt dans la Somme, tantôt dans le grand Sud-Est comme l’a été Vincent Peillon qui me fait des remarques et des observations sur le fait qu’il faut des élus de proximité pour comprendre les dossiers.

- Patrick Cohen : Martine Aubry a été élue.

- Jean-Luc Mélenchon : Oui, bien sûr que Madame Aubry a été élue et en cela, elle est totalement légitime. Mais elle n’est pas venue ferrailler dans une terre contre la droite. Elle est venue ferrailler pour prendre la place à gauche à quelqu’un qui l’avait déjà. Donc, j’ai le droit, moi, de demander un peu de respect.

Retrouvez cette séquence ci-dessous en vidéo :





Or, Jean-Luc Mélenchon fait exactement ce qu’il dénonçait cinq ans auparavant. Celui qui a déjà été sénateur de l'Essonne (2004-2010) et eurodéputé du Sud-Ouest (depuis 2009) se présente à Marseille où il est arrivé en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle, avec 24,82% des suffrages. Une terre où, pour reprendre ses propos, il n’aura pas vraiment à "ferrailler contre la droite".


 
 


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