VIDÉO - La diatribe d'Henri Guaino contre les "juges infâmes", à l'Assemblée nationale

Publié à 16h09, le 28 octobre 2015 , Modifié à 17h14, le 28 octobre 2015

VIDÉO - La diatribe d'Henri Guaino contre les "juges infâmes", à l'Assemblée nationale
© Montage Le Lab via captures d'écran France 3
Image Etienne Baldit


TOUT ROUGE - Ah ça, il était en colère, Henri Guaino. Révolté, ulcéré, outré. Tellement qu'il en avait la main tremblante. Mercredi 28 octobre, durant la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le député LR s'est livré à un véritable réquisitoire contre les "juges infâmes" et "politisés", dénonçant une "justice qui ne mérite plus son nom".

Une sortie qui intervient quelques jours après qu'il a été condamné à 2.000 euros d'amende pour avoir outragé le juge Jean-Michel Gentil. Le 23 octobre, il s'était déjà indigné de ce jugement, dénonçant une sorte de justice à deux vitesses entre son propre cas et celui de Guy Bedos, relaxé après avoir traité Nadine Morano de "salope" et de "conne".

Mais ce mercredi, Henri Guaino ne voulait pas parler de son "cas personnel". Fustigeant pêle-mêle les "violations du secret de l'instruction", les "écoutes incontrôlées", "l'instrumentalisation de la presse", le "mépris de la Constitution" et "de la loi", l'élu des Yvelines, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, a également affirmé, sous les huées de la gauche et quelques applaudissements à droite :

Dans la magistrature comme partout ailleurs, il y a des gens qui honorent leur fonction. Il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie, des gens auxquels l'ivresse de leur toute-puissance fait perdre tout discernement !


Manuel Valls a visiblement été *un peu* agacé par cette question :

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Il a ensuite répondu à Henri Guaino, l'invitant à "reprendre ses esprits", à "respecter la séparation des pouvoirs" et à "revenir dans le cadre de la République" :

Je peux parfaitement comprendre vos sentiments profonds, mais en revanche, ce que je ne peux pas accepter, c'est ici, dans cet hémicycle, les mots que vous avez utilisés et la mise en cause de la magistrature.

Au nom même des valeurs de la République, qui sont par ailleurs les vôtres, au nom même de l'idée de la séparation des pouvoirs, le respect de l'indépendance, le respect des hommes et des femmes qui font la magistrature, la mise en cause par un député comme vous, avec la notoriété qui est la vôtre, c'est un affaiblissement de l'État de droit, c'est un affaiblissement de la République [...]. Monsieur le député, je vous en conjure, abandonnez ce discours, reprenez vos esprits et revenez sereinement dans ce qui est le cadre de la République, c'est-à-dire le respect des pouvoirs.

[BONUS TRACK] ESSAYE ENCORE

Au delà de la question de la justice, cette passe d'arme a aussi eu pour objet Christiane Taubira, absente des QAG ce jour. Avant son envolée, Henri Guaino a ainsi expliqué : "Ma question s'adressait à madame le garde des Sceaux  qui ne daigne plus venir devant cette assemblée".

Ce qui n'est pas un argument des plus judicieux, comme le lui a fait remarquer le chef du gouvernement :



D'abord, si Christiane Taubira n'est pas dans cet hémicycle, c'est qu'elle est en Guyane pour enterrer une proche de sa famille. Et c'est la raison pour laquelle elle n'est pas là, sinon elle vous aurait répondu avec la conviction et la force que vous lui connaissez.

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