VIDÉO - Marine Le Pen s’obstine à nier avoir tenu ces propos polémiques sur les clandestins

Publié à 13h08, le 02 février 2017 , Modifié à 13h08, le 02 février 2017

VIDÉO -  Marine Le Pen s’obstine à nier avoir tenu ces propos polémiques sur les clandestins
© Capture d'écran CNN

Marine Le Pen n'y croit pas elle-même. "C'est une plaisanterie j'espère" lâche la présidente du Front national à Christiane Amanpour. Mercredi 1er février, la journaliste de CNN a, au cours d'une interview, rappelé les propos tenus par la cheffe frontiste auprès d'une télévision australienne, en 2012.

Voici ce qu'elle disait :

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La tolérance, ça veut dire quoi la tolérance ? Moi je suis extrêmement tolérante et hospitalière et vous l'êtes vous-même. Est-ce pour ça que vous accepteriez que 12 clandestins viennent s'installer dans votre appartement ? Vous n'accepteriez pas. Et que de surcroît, ils changent votre papier peint. Et que même pour certains d'entre eux, ils volent votre portefeuille et qu'ils brutalisent votre femme. Vous n'accepteriez pas. Bon bah voilà ! Par conséquent, nous sommes accueillants mais c'est nous qui décidons avec qui nous sommes accueillants.

 

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Cinq ans plus tard, Marine Le Pen n'a semble-t-il aucun souvenir d'avoir tenu ces propos. "Vous avez dit ça", lui dit Christiane Amanpour. "C'est une plaisanterie j'espère", lui répond donc la cheffe frontiste avant de demander à la journaliste de répéter les mots.

La mémoire revient finalement à la candidate à la présidentielle qui commence par considérer que les propos lui ont été très mal traduits. Pour se faire une idée, voici les mots exacts prononcés par Christiane Amanpour :

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About five years ago, in 2012, and you know 'cause it has been quoted to you many times, you gave an interview in which you said : 'Would you accept twelve illegal immigrants moving into your flat ? You would not. On top of that, they'd start to remove the wallpaper. Some of them would steel your wallet and brutalize you wife.'

 

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Ce que l'on peut traduire comme ceci :

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Il y a environ cinq ans, en 2012, et vous le savez parce que cela vous a été attribué à plusieurs reprises, vous avez donné une interview dans laquelle vous dites : 'Est-ce que vous accepteriez que 12 clandestins déménagent dans votre appartement ? Vous n'accepteriez pas. En plus, certains commenceraient à changer le papier peint. Certains pourraient voler votre portefeuille ou brutaliser votre femme.'

 

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Sur CNN, Marine Le Pen estime donc que "ce propos est extrêmement mal traduit" et "totalement dénaturé". Puis elle ajoute : 

 

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Ce que je dis, c'est que notre pays nous appartient. Nous en sommes les propriétaires. Par conséquent, nous avons la liberté de décider qui entre, qui vient, qui nous accueillons. J'avais fait un parallèle avec le domicile personnel en disant que vous n'accepteriez pas que quelqu'un que vous n'avez pas invité chez vous vienne, s'installe, décide de la couleur de la tapisserie, décide du menu du soir, ou décide de l'école où doivent aller vos enfants. Vous supporteriez d'autant moins d'accueillir comme ça quelqu'un qui vienne chez vous sans votre avis si en plus ils commettaient un certain nombre d'actes qui étaient des actes illégaux.

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Christiane Amanpour embraye et demande à Marine Le Pen : "donc vous l'admettez ? Vous avez dit ça ?"

Et la réponse de Marine Le Pen est la suivante :

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Mais je ne parlais pas des immigrés clandestins.

 

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Sauf que si, justement, la présidente du FN débutant son intervention ainsi : "Est-ce pour ça que vous accepteriez que 12 clandestins viennent s'installer dans votre appartement ?"

Puisqu'on remet en cause la parole de Marine Le Pen, il est évident que l'on se fera taxer de "fake news". Alors pour appuyer notre article, voici donc deux éléments :

La vidéo de CNN traduite par BFMTV

La version longue, non traduite, de CNN (à partir de 6'10'') : 



Avec son compte *secret* sur Twitter, Marine Le Pen assure encore ne pas avoir tenu ses propos alors que : 1) elle vient de les répéter sur CNN et 2) la vidéo de son interview sur SBS a été diffusée par CNN après l’interview.

Ce qui est pourtant difficilement contestable : soit la candidate à la présidentielle à un gros problème de mémoire, soit c'est quelqu'un qui lui ressemble beaucoup qui a donné cette interview à la chaîne SBS en 2012 en se faisant passer pour elle. 

Du rab sur le Lab

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