Virginie Calmels reprend la bonne vieille intox selon laquelle "on ne peut plus dire 'les vacances de Noël'"

Publié à 08h48, le 05 décembre 2017 , Modifié à 16h27, le 05 décembre 2017

Virginie Calmels reprend la bonne vieille intox selon laquelle "on ne peut plus dire 'les vacances de Noël'"
Virginie Calmels © AFP
Image Sylvain Chazot


"Alors Elisabeth Martichoux, si ça surprend encore certaines personnes, je vais vous dire qui je suis : je suis une femme de droite, j'ai toujours voté à droite. Et mon idéologie, ma tendance naturelle, elle est plutôt libérale." Ainsi parle ce mardi 5 décembre Virginie Calmels, sur RTL. Celle qui pourrait devenir la n°2 de Les Républicains en cas de victoire de Laurent Wauquiez à la présidence du parti, les 10 et 17 décembre prochains, est en effet très libérale. Elle aussi très libre, et notamment libre de dire un petit peu n'importe quoi au sujet de la laïcité.

Ce mardi, l'ancienne protégée d'Alain Juppé parle de l'initiative de Laurent Wauquiez d'installer, au sein du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, une exposition de santons. Une manière pour l'élu de contourner l'interdiction par la justice d'installer une crèche de la nativité dans ce même hall. Virginie Calmels approuve cette initiative, qu'elle présente comme "une grande exposition culturelle pour faire découvrir l'artisanat local de sa région".

Reprenant le même argumentaire que Laurent Wauquiez, Virginie Calmels estime qu'il faut "arrêter de s'excuser d'avoir des racines judéo-chrétiennes dans ce pays". "Je suis frappé de voir qu'on nous ferait croire que la laïcité serait en danger parce qu'il y a une croix sur une statue de Jean-Paul II ou parce qu'il y a des crèches dans des mairies ou des conseils régionaux", assène-t-elle. Puis surgit la bonne grosse intox qui voudrait nous faire croire qu'en France, on cherche à masquer toute trace de chrétienté :

Vous savez, je suis frappée : on ne peut plus dire 'les vacances de Noël', on ne peut plus dire 'les vacances de Pâques'. Faut dire 'les vacances de fin d'années'. Arrêtons de pousser le trait.

Sauf qu'il s'agit d'une intox, déjà diffusée en janvier dernier par Jean-François Copé. Car, contrairement à ce qu'affirme Virginie Calmels, on peut bien dire "les vacances de Noël". C'est même comme ça que ces congés sont désignés dans le calendrier scolaire officiel pour l'année 2017-2018.



Ô surprise, c'était déjà le cas les années précédentes.



On relevait également, dans le projet de calendrier scolaire pour les années 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018, de nombreuses références à la religion chrétienne :



Quant aux vacances de Pâques, Libération notait déjà l'an dernier que leur dénomination légale n'a été "vacances de Pâques"... qu’entre 1962 et 1974. Avant et après ces dates, on parlait bien de "vacances de printemps".

En mai 1974, le ministre de l'époque, interrogé à l'Assemblée sur les nouvelles dates des vacances de Pâques, expliquait alors :

Les inconvénients que pouvaient présenter les vacances de printemps n'ont pas manqué d'être évoqués lors de l'établissement du calendrier de l'année scolaire 1973-1974. Les décisions prises en la matière répondent avant tout au souci d'améliorer l'équilibre interne de l'année scolaire dans l'intérêt des élèves. Elles tendent, dans la mesure du possible, à équilibrer la durée des second et troisième trimestre en dissociant les vacances scolaires de printemps et la fête religieuse de Pâques lorsque celle-ci est trop tardive.

Une réponse très facilement consultable, à la page 88 de ce Journal officiel.

[EDIT 16h27]

Virginie Calmels a reconnu son erreur concernant les vacances de Noël, mais pas celles de Pâques....





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