3 millions d'euros prêtés par le groupe UMP au parti : les députés UMP veulent des explications, selon Lionel Tardy

Publié à 10h18, le 22 juin 2014 , Modifié à 11h13, le 22 juin 2014

3 millions d'euros prêtés par le groupe UMP au parti : les députés UMP veulent des explications, selon Lionel Tardy
Lionel Tardy. © Maxppp.

C’est une nouvelle révélation de Mediapart, qui sort en parallèle des divulgations qui se succèdent dans l’affaire Bygmalion. Selon le site d’information, le groupe UMP à l’Assemblée nationale a consenti , en 2012, un prêt de 3 millions d’euros au parti. Sans que le président du groupe, Christian Jacob, un proche de Jean-François Copé, n’en informe les députés.

Et c’est ce silence qui passe mal, le prêt semblant légal, selon les justifications de Christian Jacob. Interrogé samedi 21 juin par BFM TV, le député UMP filloniste, très remonté contre la gestion de l’UMP par Jean-François Copé, a assuré que les députés UMP demanderaient des comptes à Christian Jacob.

J’ai eu quelques collègues députés au téléphone, personne n’était au courant de ce prêt. On demandera des explications mardi à la réunion du groupe.

S’il reconnait qu’il n’y a rien d’illégal, Lionel Tardy s’interroge néanmoins sur l’utilisation de moyens servant au fonctionnement du groupe parlementaire pour renflouer le parti.

L’argent qui est donné au groupe pour son fonctionnement à l’Assemblée nationale doit rester au sein de l’Assemblée nationale. Cet argent, il est fait pour animer le groupe UMP à l’Assemblée, pas pour autre chose. Il faut qu’il y ait une règle étanche entre le groupe UMP et l’UMP elle-même.

Un point de vue similaire à celui du député écolo, François de Rugy.

En réponse à ces révélations, Claude Bartolone, le président socialiste de l’Assemblée nationale, a demandé aux questeurs du Palais Bourbon de lui faire des propositions concernant l’utilisation faite par les groupes politiques de leurs budgets. "Dans le respect de l’indépendance des groupes politiques, l’Assemblée n’exerce aucun contrôle sur l’utilisation par les groupes des moyens financiers qui leur sont accordés", rappelle par ailleurs sur son site Claude Bartolone.

Qui ajoute :

Mise en cause par la presse de l’utilisation des fonds de certains groupes politiques, d’abord au Sénat et aujourd’hui à l’Assemblée, conduit à revoir le statut des groupes pour permettre l’exercice d’un contrôle sur l’utilisation qu’ils font des dotations qui leur sont versées.

"Les conclusions des Questeurs seront rapidement soumises au Bureau de l’Assemblée nationale qui devra prendre des décisions applicables au budget 2015", conclut-il.

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