Bruno Le Maire est persuadé d’être "la première cible" d’Alain Juppé en vue de la primaire UMP de 2016

Publié à 13h02, le 09 février 2015 , Modifié à 13h02, le 09 février 2015

Bruno Le Maire est persuadé d’être "la première cible" d’Alain Juppé en vue de la primaire UMP de 2016
Bruno Le Maire © AFP

DANS LE VISEUR - Bruno Le Maire, cible numéro un d’Alain Juppé ? C’est ce que le député de l’Eure croit savoir. L’ancien ministre de l’Agriculture -et révélation de la course à la présidence de l’UMP avec 29,5% des voix- a confié à l’Opinion, dimanche 8 février, que sa possible candidature à la primaire de 2016 inquiétait le maire de Bordeaux; ce dernier se montrant persuadé qu’il y perdrait les voix nécessaires pour l’emporter face à Nicolas Sarkozy. Bruno Le Maire explique ainsi :

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Je serai la première cible de Juppé. Je sais qu’il explique que, si je suis candidat à la primaire, je lui piquerai des voix qui l’empêcheront de gagner face à Sarkozy.

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Une menace prise tellement au sérieux par l’entourage d’Alain Juppé que le maire de Bordeaux aurait convié le député de l’Eure à un déjeuner, mardi 3 février, pour mieux lui signifier sa stratégie pour la primaire de 2016. Un repas lors duquel Bruno Le Maire a tenu à rassurer l’ancien ministre des Affaires Etrangères, lui certifiant que, s’il était candidat à la primaire de l’UMP, ce ne serait pas sur la même ligne que lui mais avec un programme beaucoup plus à droite.

Des lignes différentes qu’illustreraient par exemple les consignes de votes données pour le second tour de l’élection législative partielle du Doubs. Alain Juppé a appelé à voter PS quand Bruno Le Maire s’est dit favorable au « ni-ni ». Mais le maire de Bordeaux -qui partage de nombreux soutiens avec le député de l’Eure- reste convaincu que leurs candidatures seraient trop proches. Les deux hommes se sont notamment prononcés en faveur du mariage gay et défendent une position plus "moderne" au sein du parti d’opposition.

Selon l’Opinion, les proches d’Alain Juppé auraient d’ailleurs déjà imaginé une porte de sortie pour Bruno Le Maire au cas où celui-ci renoncerait à la primaire. Un conseiller du maire de Bordeaux verrait bien l’ancien ministre de l’Agriculture récupérer le poste de… président de l’UMP si Nicolas Sarkozy se présentait à la primaire. (Avec les nouveaux statuts de l’UMP adoptés en mai 2013, le chef du parti doit obligatoirement démissionner s’il souhaite concourir à la compétition). Il imagine :

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Bruno Le Maire va devoir se poser une question. Si Nicolas Sarkozy est candidat à la primaire, il démissionnera de la présidence de l’UMP. Bruno Le Maire est le mieux placé pour lui succéder. Etre le président du parti durant la campagne présidentielle ne sera-t-il pas pour lui plus utile pour la suite qu’être candidat à la primaire ?

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Mais Bruno Le Maire se contentera-t-il d’un poste de chef de parti, lui qui confiait à l’été 2013 sentir chez les Français "une envie de Bruno Le Maire qui monte" ?

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