Comment François Hollande, qui était hostile au 49-3, justifie le passage en force sur la loi Macron

Publié à 06h55, le 18 février 2015 , Modifié à 06h58, le 18 février 2015

Comment François Hollande, qui était hostile au 49-3, justifie le passage en force sur la loi Macron
François Hollande. © ALAIN JOCARD / AFP

LES JEUX SONT FAITS, RIEN NE VA PLUS – "Un déni de démocratie." c’est ainsi que François Hollande, alors patron du PS, parlait du 49-3 quand, en 2006, Dominique de Villepin alors Premier ministre l’avait utilisé pour faire passer le CPE.

Mais les temps ont changé et, mardi 17 février, le chef de l’Etat a dû se résigner à en passer par là pour faire adopter la décriée loi Macron à l’Assemblée nationale. La faute à une trop courte majorité. Voire à pas de majorité du tout.

Après avoir été contraint de décider d’utiliser le passage en force, à 16h15 en donnant le top à Manuel Valls par téléphone, rapporte le Parisien de ce mercredi 18 février, le chef de l’Etat s’est expliqué "en petit comité" :

Je n’allais pas jouer le sort de la loi Macron à la roulette !

Et ce d’autant plus que François Hollande s’était lui-même impliqué sur ce projet de loi qu’il avait vanté lors de ses vœux puis lors de ses interventions médiatiques en parlant d’une loi pour la jeunesse et pour le siècle à venir.

Lors du Conseil des ministres extraordinaire convoqué spécialement pour enclencher la procédure, François Hollande a ouvert le bal devant ses ministres en pestant contre les députés PS prêts à voter contre, à l’instar de Benoît Hamon et des frondeurs - depuis dans le viseur de l'exécutif :

Il n’est pas acceptable que des députés de la majorité votent contre un texte du gouvernement !

Puis, il a ajouté en direction de Manuel Valls :

Je vous donne l’autorisation d’engager la responsabilité du gouvernement au titre de l’article 49-3, mais il reste encore une heure où l’on peut essayer…

Comme le montrent les vidéos, les tractations ont continué pendant la séance des questions au gouvernement avec des conciliabules entre Manuel Valls, Emmanuel Macron et le ministre des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen. Pour le résultat que l’on connait.

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