François Rebsamen accuse Pierre Gattaz, le "petit syndicaliste", de "nuire à l'image de l'entreprise"

Publié à 08h58, le 04 novembre 2014 , Modifié à 09h48, le 04 novembre 2014

François Rebsamen accuse Pierre Gattaz, le "petit syndicaliste", de "nuire à l'image de l'entreprise"
Pierre Gattaz et François Rebsamen © Reuters - Montage le Lab

TROP C'EST TROP - François Rebsamen le reconnaît : les mesures décidées par le gouvernement mettent du temps à produire leurs effets. Le temps parlementaire, notamment, alimente selon lui le "décalage entre les annonces et la réalité vécue sur le terrain par les gens". Le ministre du Travail, qui reconnaît volontiers "l'échec" du gouvernement dans la lutte contre le chômage, refuse toutefois de considérer que le patronat porte une "responsabilité" dans la lenteur de la reprise du marché de l'emploi.

Sur I>Télé mardi 4 novembre, l'ancien maire de Dijon et proche de François Hollande a cependant nommément accusé le président du Medef, Pierre Gattaz, de "nuire à l'image de l'entreprise" avec "ses déclarations à l'emporte-pièce", ses "provocations permanentes" et ses "postures". Attaque suprême pour le patron des patrons, le ministre le qualifie même de "petit syndicaliste" :

C'est pas le Medef qui porte la responsabilité. Celui qui porte une responsabilité pour la détérioration de l'image de l'entreprise, et même j'allais dire du le climat du dialogue social, ces déclarations à l'emporte-pièce,  c'est Pierre Gattaz.



J'avoue ne pas comprendre ses provocations permanentes au moment où le dialogue est engagé, où il y a des négociations qui se passent. Tous les jours, il en rajoute comme un petit syndicaliste - c'est pas péjoratif pour les syndicalistes, mais c'est-à-dire qu'il a toujours une nouvelle mesure à demander.

En l'occurrence, la récente proposition du président du Medef de donner la possibilité aux entreprises de licencier des salariés sans motif a *un peu* énervé le ministre chargé d'inverser la courbe du chômage. François Rebsamen demande ainsi solennellement à Pierre Gattaz "d'arrêter" de prendre des "postures" :

Là, c'est quasiment le retour au contrat de louage de service d'avant 1973. Alors il faut qu'il arrête quoi, il faut qu'il arrête. C'est pas possible d'agiter un chiffon rouge comme ça tous les jours.



[...] Il nuit à l'image de l'entreprise, c'est ça que je veux lui dire. Les entreprises, il faut aussi les réconcilier avec les Français, elles n'ont pas forcément bonne presse. Quand on connaît les entreprises dans la vie locale, on voit que les chefs d'entreprises ils se battent pour les entreprises, mais ça n'a rien à voir avec les postures, les postures de monsieur Gattaz. Donc qu'il arrête les postures.

Son intervieweur estime que "c'est grave de dire ça" ? Le ministre ne se démonte pas et répète ses propos, fustigeant en quelque sorte le double discours du patron des patrons :

Mais oui, ce sont des postures. Oui, je pense qu'il nuit à l'image des entreprises en ce moment avec ses déclarations. Quand je reçois Pierre Gattaz avec ses délégations, nous nous entendons bien, nos discussions sont franches. Ce qu'il y a, c'est que deux jours plus tard, trois jours plus tard, il y a des déclarations qu'on n'attend pas, qui sont faites de manière intempestive. 

Dimanche, déjà, Michel Sapin était revenu sur le point d'achoppement principal entre gouvernement et Medef sur le pacte de responsabilité : les contreparties apportées par le patronat en échange des baisses de charges consenties par l'exécutif. Et le ministre des Finances demandait à Pierre Gattaz de respecter son engagement de créer un million d'emplois :

Un million ! Il avait un pin's à un million, qu'il tienne sa promesse à un million !

Du rab sur le Lab

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