Henri Guaino dépose une proposition de résolution à l'Assemblée nationale pour défendre Henri Guaino

Publié à 12h49, le 20 mai 2014 , Modifié à 12h13, le 22 mai 2014

Henri Guaino dépose une proposition de résolution à l'Assemblée nationale pour défendre Henri Guaino
Henri Guaino © MaxPPP

CHARITÉ BIEN ORDONNÉE - Henri Guaino a déposé le 16 mai à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à "la suspension des poursuites engagées par le Parquet de Paris contre" lui. Poursuivi pour "outrage à magistrat" et "discrédit jeté sur une décision de justice", le député UMP des Yvelines souhaite que ces poursuites soient suspendues "jusqu’au terme de la présente session", fixée au 30 juin, comme le rappelle le texte de la résolution.

[Edit 22 mai] Selon BFM TV, cette résolution sera examinée à l'Assemblée le 28 mai.

Henri Guaino présente sa proposition comme une défense du travail parlementaire. Vous ne rêvez pas, l'identité du parlementaire défendu par Henri Guaino est bien Henri Guaino. "Lorsqu’un député prend la parole devant les citoyens pour dénoncer ce qu’il pense être un abus, une injustice, même dans des termes excessifs, n’est-il pas dans son rôle ? N’est-ce pas le mandat que lui ont confié les électeurs : parler, agir en leur nom ?", écrit-il.

Contacté par Le Lab, Henri Guaino assure agir pour "la défense des libertés parlementaires" : 

Ça ne me protège de rien. Ça n'a aucune incidence pratique. C'est purement symbolique

Et le député de dénoncer des attaques menées contre lui, des attaques "contraires à l'idée" qu'il se fait de l'exercice parlementaire et très éloignées "de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme en matière de liberté d'expression" : 

On ne peut pas brandir le Code pénal à chaque fois que l'on dit quelque chose de choquant. [...] Je ne demande pas à l'Assemblée nationale d'approuver mes propos. On peut même les trouver scandaleux. Mais j'ai droit à l'exagération et à l’indignation. [...] Vous ne pouvez pas répondre à la polémique et à la caricature par la censure. 

Henri Guaino précise que c'est lui qui a choisi de présenter cette proposition plutôt qu'un autre membre du groupe UMP. "Je ne veux pas que ce soit partisan. C'est moi seul devant la représentation nationale", explique-t-il. 

Mardi 20 mai, Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée, a commenté cette proposition signée Henri Guaino. "C'est une procédure inhérente au statut de parlementaire, utilisée trois fois sous la 5e République. Mais cette résolution parle d'une suspension des poursuites jusqu'à fin juin", a-t-il déclaré.

L’UMP soutient-elle cette démarche ? Voici la réponse de Christian Jacob :

On va attendre le rapport de la commission des immunités qui devrait être rendu sous 20 jours.

Poursuivi en correctionnelle, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy avait attaqué le juge de l’affaire Bettencourt Jean-Michel Gentil. En mars 2013, sur Europe 1, il avait estimé que le magistrat avait "déshonoré la justice" en mettant en examen l’ancien président de la république. Une première audience doit avoir lieu le mardi 27 mai.

Du rab sur le Lab

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