Jean-Luc Mélenchon critique la décision du groupe communiste à l'Assemblée nationale de voter la motion de censure de la droite

Publié à 08h56, le 18 février 2015 , Modifié à 10h12, le 18 février 2015

Jean-Luc Mélenchon critique la décision du groupe communiste à l'Assemblée nationale de voter la motion de censure de la droite
Jean-Luc Mélenchon © JAVIER SORIANO / AFP

C'est une alliance contre-nature pour tenter de faire plier le gouvernement. Les députés du Front de gauche voteront la motion de censure contre le gouvernement déposée par les groupes UMP et UDI mardi 17 février, à la suite de la décision de l'exécutif de recourir à l'article 49.3 pour faire passer la loi Macron. Un choix vivement critiqué, mercredi 18 février, par Jean-Luc Mélenchon. Invité de France Info, le cofondateur du Front de Gauche s'est d'abord étonné de n'avoir pas été consulté, avant l'annonce de ce choix:

Le groupe communiste va voter la motion de censure. Le Front de Gauche, c'est neuf partis, pas un. [...] Personne ne m'a demandé mon avis ni cette fois-ci, ni les autres. Le groupe à l'Assemblée pense qu'il est normal de faire ce qu'il veut sans consulter personne.

Et le candidat à la présidentielle de 2012 de préciser que lui "n'aurait pas procédé comme ça". Et surtout pas en s'alliant avec l'UDI et l'UMP pour tenter de faire reculer le gouvernement. L'eurodéputé précise pourquoi:

D'abord parce qu'il n'y a aucune chance que cette motion de censure passe. Donc qu'est-ce qu'on va se fourrer avec la droite dans une aventure pareille?

Jean-Luc Mélenchon explique comment lui s'y serait pris, s'il avait été élu à l'Assemblée:

Je me serai adressé aux frondeurs pour leur dire "Les amis, il ne suffit pas d'être contre, il faut être pour". J'aurais proposé aux frondeurs et aux écologistes une motion de censure pour montrer que si le gouvernement est désapprouvé, il l'est par la gauche. [...] Il ne suffit pas d'être contre, il faut montrer qu'il existe une alternative

Pour proposer une motion de censure, il faut 1/10e des membres de l'Assemblée soit 58 députés. Un chiffre qu'est loin d'atteindre le groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) qui représente une quinzaine de députés à l'Assemblée mais qu'il serait théoriquement possible d'atteindre avec les voix des écologistes - 18 députés - et des frondeurs - une quarantaine de parlementaires. Sauf que les principaux intéressés ont décliné toute intention de vote de la motion de censure proposée par la droite, mardi.

Ce nouvel accrochage est en tout cas révélateur des dissensions au sein du Front de Gauche entre militants du Parti Communiste et militant du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Tout récemment, Danielle Simonnet et Ian Brossat, deux élus Front de gauche au Conseil de Paris se sont livrés à une passe d'arme en règle sur Twitter. La première reprochant au second, adjoint à la mairie de Paris en charge du Logement, de trop utiliser l'expression "classes moyennes".

[Bonus Track] Hollande "toujours sympa"

Coïncidence de calendrier, Jean-Luc Mélenchon avait rendez vous avec François Hollande, mardi 17 février. Les deux hommes qui ne s'étaient pas parlés en tête à tête depuis 2012, devaient -notamment-  évoquer la situation en Grèce. Sur France Info, le cofondateur a délivré son sentiment sur cette rencontre avec le chef de l'Etat:

C'est toujours sympa avec Hollande, c'est bien ça le problème. Mais quand vous avez fini, vous ne savez plus où vous en êtes. C'est sa façon à lui d'être rusé.

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