Jean-Luc Mélenchon offre "l'asile politique" à Gérard Filoche, menacé d'exclusion du PS

Publié à 21h56, le 21 octobre 2014 , Modifié à 22h03, le 21 octobre 2014

Jean-Luc Mélenchon offre "l'asile politique" à Gérard Filoche, menacé d'exclusion du PS
Jean-Luc Mélenchon et Gérard Filoche © Reuters - MaxPPP / Montage Le Lab

VIENS À LA MAISON - Gérard Filoche pourrait bien être exclu du Parti socialiste pour ses propos sur Christophe de Margerie, PDG de Total décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Jean-Luc Mélenchon, lui, est parti du PS il y a longtemps déjà. Quoi de plus naturel, alors, que de se retrouver hors du cadre de Solférino ? 

Sur Twitter mardi soir, l'ancien co-président du Parti de Gauche et candidat à l'élection présidentielle de 2012 propose ainsi "l'asile politique" à celui qui est l'un des piliers de l'aile gauche du PS, si celui-ci venait à être exclu du parti :

Gérard Filoche a commenté le décès de Christophe de Margerie en ces termes, tôt mardi matin :

Des propos qui ont largement outré la classe politique, jusqu'à son propre camp. Selon Le Monde, "des dizaines de parlementaires" ont ainsi demandé au premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, de l'exclure du PS. Et Manuel Valls lui-même, qui avait plus tôt rendu hommage à son "ami" Christophe de Margerie, a estimé, en pleine séance de questions au gouvernement, que Gérard Filoche ne "méritait pas d'être dans [sa] formation politique".

À la suite de quoi Jean-Christophe Cambadélis a décidé de renvoyer ce membre du bureau national du PS devant la Haute Autorité du parti, à une date inconnue. Cette instance, présidée par l'avocat Jean-Pierre Mignard et "indépendante de la direction du parti", peut effectivement aller jusqu'à exclure un militant. 

Mais Gérard Filoche ne "regrette rien", comme il l'a expliqué au micro de RTL en fin d'après-midi :

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Moi je suis tout à fait touché par la mort de Christophe de Margerie et des 4 autres victimes. Je présente mes condoléances aux familles. Après, qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai parlé de Total. On peut parler de total en toute circonstance quand même. [Avec la mort de son PDG], on est amenés à faire un bilan, à regarder ce qui s'est passé en Birmanie, au Congo, dans le programme pétrole contre nourriture, on se souvient d'Erika, il y a AZF. Et puis il gagnait 1.445 fois le Smic en cinq ans ! [...] Ce qui me touche le plus, c'est qu'il ne payait pas d'impôts.

"

Et cette figure de l'aile gauche du PS de répondre directement à Manuel Valls :

"

Mais il n'est pas en charge du PS, lui, il est minoritaire dans le parti socialiste ! Il ferait mieux de s'occuper de faire un budget de gauche, les impôts sur le Cac40 et sur les grandes sociétés comme Total plutôt que de frapper les petites retraites, les petites gens et les petits salaires.
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Vous croyez qu'on va m'arrêter en faisant une petite polémique de ce genre, artificielle ? Vous voulez que je me taise sur Total ? Non, derrière le pétrole, il y a du sang !

"

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