L'enthousiasme débordant de Christian Estrosi sur le "référendum Macron" organisé à Nice

Publié à 20h23, le 20 février 2015 , Modifié à 21h15, le 20 février 2015

L'enthousiasme débordant de Christian Estrosi sur le "référendum Macron" organisé à Nice
Christian Estrosi défendant la démocratie © VALERY HACHE / AFP

CENSURE 2.0 - "C'est une sorte de coup d'État." Telle était la réaction tout en retenue de Christian Estrosi après que le gouvernement a décidé de recourir au 49.3 pour faire adopter la loi Macron en force. C'est que le député-maire UMP de Nice était fermement opposé à ce texte, et tout particulièrement à l'une des mesures qu'il prévoit au détour de l'article 49 : la privatisation de l'aéroport de la ville qu'il dirige

Une opposition qui avait, durant les débats sur la loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des territoires", suscité une vive passe d'armes entre lui-même et le ministre de l'Économie. Bien décidé à ne pas se laisser faire, le maire de Nice a organisé une "consultation référendaire" dans sa ville, jeudi 19 février. Les Niçois étaient ainsi invités à faire connaître leur position sur la privatisation de l'aéroport. 

Avant la clôture des bureaux de vote jeudi, Christian Estrosi indiquait sur Twitter à quel point il comptait sur ce qu'il nommait le "référendum Macron", jugeant qu'il serait "une véritable preuve de la démocratie", contrairement donc à l'attitude du gouvernement vis-à-vis du Parlement :

Sur les 217.000 administrés appelés à voter, 36.192 se sont déplacés, soit une participation de 16,74%. Mais parmi eux, 97,5% ont marqué leur refus de la privatisation de l'aéroport. Ce que l'élu n'a pas manqué de saluer, remerciant au passage "ceux qui n’ont pas pu voter mais qui [lui] ont exprimé leur soutien" :

Et d'appeler "le gouvernement à tenir compte de ce résultat" :

"Hasard du calendrier" ou pas, cette consultation populaire avait lieu le même jour que le vote de la motion de censure du gouvernement, déposée par les députés UMP et UDI. Une motion rejetée sans surprise et qui implique le vote d'office de la loi Macron à l'Assemblée. 

Christian Estrosi se voit donc logiquement en grand vainqueur de ce bras de fer à distance. Comme le rapporte Nice Matin, il a annoncé via un communiqué, dans la soirée, pas peu fier :

 

Aujourd’hui une motion de censure a été rejetée à Paris et une motion de censure a été adoptée à Nice. C’est le peuple français qui s’est exprimé, là où on a privé la parole les députés.

Malheureusement pour l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, 16,74% de Niçois ne peuvent pas faire tomber le gouvernement. Ils ne représentent pas non plus "le peuple français".

Du rab sur le Lab

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