Le député PS Razzy Hammadi demande une commission d’enquête parlementaire sur l’emprunt russe du FN

Publié à 07h58, le 03 décembre 2014 , Modifié à 07h58, le 03 décembre 2014

Le député PS Razzy Hammadi demande une commission d’enquête parlementaire sur l’emprunt russe du FN
Razzy Hammadi. © Vincent Isore/IP3 press/MaxPPP.

Il avait lancé l’attaque contre l’emprunt russe du FN en annonçant son intention de déposer un amendement visant à "empêcher l’emprunt hors zone euro par des partis politiques français", comme le relayait le Lab. Mardi 2 décembre, le député PS Razzy Hammadi a lancé le deuxième étage de sa fusée, demandant une commission d'enquête parlementaire après la révélation de prêts d'origine russe au Front National et au micro-parti de Jean-Marie Le Pen. Ce à quoi Marine Le Pen a répondu qu’elle voyait là, dans cette demande, de la "diffamation par insinuation".

Observant qu'"on parle désormais de prêts qui passent par la Suisse, de millions d'euros qui transitent au gré de voyages de courtoisie", cet élu PS de Seine-Saint-Denis a déclaré à l'AFP que "les conditions de ces prêts, ainsi que l'origine exclusivement russe des fonds, posent une question majeure dont le Parlement doit se saisir".

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Il y a eu une commission d'enquête après l'affaire Cahuzac pour un compte à l'étranger de 600.000 euros; là on parle notamment de 2 millions d'euros qui transiteraient par la Suisse pour un micro-parti de M. Le Pen et il n'y aurait pas de commission d'enquête?

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"Rien n'empêche de penser que des taux avantageux et autres facilités soient équivalents à des avantages en nature, ce qui est formellement interdit", a glissé ce membre de la commission des Finances. Et de dénoncer :

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Une situation grave d'immixtion d'une puissance étrangère dans la politique intérieure de la France.

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Cotelec, une association de financement présidée par Jean-Marie Le Pen, a reçu en avril 2 millions d'euros d'une société chypriote détenue par un Russe, ancien membre du KGB, a révélé samedi Mediapart. Le site d'information avait déjà révélé récemment que le parti d'extrême droite avait contracté fin septembre un prêt de 9 millions d'euros auprès de la banque russe First Czech Russian Bank (FCRB).

Soutenu par certains socialistes, Razzy Hammadi a défendu en soirée son amendement – ensuite retiré - au projet de budget rectificatif visant à interdire les déductions fiscales pour les particuliers qui font des dons à des partis politiques ayant souscrit un ou plusieurs prêts auprès d'établissements financiers étrangers hors zone euro au cours de l'année précédente. S'il a jugé "le débat légitime", le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert a fait plusieurs objections techniques, notamment un risque de censure du Conseil constitutionnel pour rupture d'égalité.

Interrogée sur i>télé, Marine Le Pen y a vu de la "diffamation par insinuation" :

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Lorsqu'un prêt est fait à l'étranger, la banque qui est votre banque fait l'intégralité des contrôle nécessaires sur l'origine des fonds. Tous ces contrôles ont été faits par la Société Générale, qu'on ne peut pas soupçonner d'avoir un penchant pour le FN puisqu'elle n'a pas voulu prêter au FN.

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"Le prêt est parfaitement légal, nous ne nous sentons tenus à rien à l'égard de cette banque" russe, a martelé la présidente frontiste.

Du rab sur le Lab

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