Les clandestins, Courtepaille et la chambre de Mitterrand : le livre dont Geoffroy Didier est le héros

Publié à 15h38, le 13 février 2015 , Modifié à 23h03, le 15 février 2015

Les clandestins, Courtepaille et la chambre de Mitterrand : le livre dont Geoffroy Didier est le héros
Geoffroy Didier en février 2015. © AFP / Eric Feferberg

Le cofondateur de la Droite forte à l'UMP, Geoffroy Didier, a publié le 12 février un ouvrage intitulé La Fronde nationale. Cent cinquante-six pages pour montrer son opposition au parti de Marine Le Pen et présenter ses "solutions pragmatiques et efficaces" pour que le FN n'ait plus "qu'à fermer boutique". Des solutions comme celle-ci, par exemple. Mais ce n'est pas tout. Geoffroy Didier y livre également quelques anecdotes dont il est le héros.

Au Lab, on ne résiste donc pas à l'envie de vous en livrer un condensé.



#Geoffroy Didier, le défenseur des réfugiés clandestins

Plus jeune, Geoffroy Didier a vécu aux States, chose rappelée régulièrement dans son ouvrage. Il y travaille alors en tant qu'avocat, notamment pour Skadden Arps, "cabinet de plus de 2.000 personnes campé sur 25 étages d'un gratte-ciel d'avant-garde au hall conçu par l'architecte Franck Gehry." Et là, dans ce temple de l'argent, Geoffroy "Zorro" Didier décide "d'accompagner" un clandestin venu de République démocratique du Congo, torturé dans son pays, pour qu'il obtienne le statut de réfugié politique. Le récit de cette belle aventure ne manque pas de poésie :

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Je me souviens encore de ce petit homme frêle, meurtri, aux mains calleuses et rides marquées, mais toujours digne et souriant. (...) Régulièrement, et ce pendant plusieurs mois, je réservais pour cet homme l'une des salles de réunion du dernier étage au cœur de Times Square, avec vue sur tout Manhattan. (...)



J'avais convaincu les dirigeants de mon cabinet de la nécessité pour une structure de cette envergure, reine des fusions-acquisitions et autres opérations financières, d'accorder du temps à ce qui avait finalement fait la fortune de l'Amérique : le digne accueil de ses immigrés.

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On connaissait la version plus dure de Geoffroy Didier sur l'immigration. Celle-ci lui permet d'expliquer sa volonté de réformer le droit d'asile pour mieux filtrer "les faux demandeurs" et "se donner les moyens de conserver notre tradition d'accueil des opprimés".



#Geoffroy Didier et Courtepaille

Les goûts simples, la vraie vie. La page 151 de la Fronde nationale y est consacrée car Geoffroy Didier "aime la France" et "boire [son] petit café sur la place d'un village". Mais pas que :

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J'aime le Courtepaille sur l'aire d'autoroute et l'odeur du foin sur le chemin de campagne, les compartiments à six dans les trains de province, comme voir le pays entier défiler sous mes yeux en deux-trois heures de TGV.

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D'ailleurs, Geoffroy Didier "choisit toujours le côté fenêtre", sachez-le.



#Geoffroy Didier, le visiteur de prison et ses "shoot de liberté"

Étudiant, le jeune Geoffroy Didier a voulu "mieux saisir de près la dureté de l'enfermement et l'horreur de la prison (...), comprendre la société jusque dans sa cruauté, toucher les encoignures du pacte social". Visiteur de prison, il raconte s'être ainsi rendu chaque semaine à la maison d'arrêt de Nanterre pour "enseigner des matières académiques" à des détenus. Et bien plus encore :

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[C'était] surtout avec le projet de leur donner une dose régulière d'oxygène, un petit shoot de liberté. (...) J'ai vu tous ces brefs sourires et ces longs désespoirs se succéder dans une même heure d'entretien, à chaque fois bruts, lourds, sourds et poignants.

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Décrivant par exemple "un jeune dealer de banlieue à la dérive" car "incarcéré avec cinq grands criminels" et se rapprochant peu à peu de "l'élite du crime", Geoffroy Didier estime néanmoins que les peines "les plus courtes" sont "les plus fondamentales car éducatives". A l'inverse du gouvernement actuel qui veut plutôt favoriser les aménagements de peine plutôt que les brefs passages par la case prison.



#Geoffroy Didier et la chambre d'hôtel de Mitterrand

Où l'on découvre une passion secrète de Geoffroy Didier pour François Mitterrand. En tout cas pour son humble chambre d'hôtel de Château-Chinon. Lisez plutôt :

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Écouter la France, c'est aussi ressentir cette émotion, à chaque fois intacte, lorsque je réserve la chambre 15 de l'hôtel Au Vieux Morvan, établissement sans prétention perché dans les brumes de Château-Chinon, sous-préfecture de la Nièvre. C'est dans cette pièce d'à peine 10 mètres carrés de cet hôtel deux étoiles que François Mitterrand séjourna plusieurs nuits par semaine de 1954 à 1981, lorsqu'il fut conseiller général, député, sénateur et maire de la ville.



C'est une chambre avec vue, vue sur la France.

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Et Geoffroy Didier de glisser que c'est dans cette même chambre d'hôtel, celle qu'il aime tant réserver, que le président socialiste a "transformé son parcours en destin". Capiche ?



#Geoffroy Didier et sa nièce de 8 ans

Dieu que la technologie va vite ! Geoffroy Didier est encore tout tourneboulé d'avoir pu écrire son ouvrage "sur iPad" alors "qu'il y a 20 ans nous n'avions pas de téléphone portable". Et, malgré ses 38 ans, le voilà déjà dépassé par la plus jeune génération, comme sa petite nièce de 30 ans de moins que lui :

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Ayant écrit cet ouvrage sur iPad, j'ai compris que ma modernité était déjà mise à l'épreuve en réalisant que ma nièce de 8 ans en connaissait beaucoup plus que moi sur les tablettes numériques. C'est elle qui m'avait, il y a deux ans, montré Google Earth où, d'un clic et d'un zoom, je m'étais retrouvé immédiatement plongé en plein New-York puis quelques secondes plus tard au cœur de Bombay.

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Drôlement précoce, c'est vrai.

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