Les frondeurs du PS remercient les Grecs et veulent surfer sur la victoire de Syriza

Publié à 19h49, le 25 janvier 2015 , Modifié à 06h27, le 26 janvier 2015

Les frondeurs du PS remercient les Grecs et veulent surfer sur la victoire de Syriza
© MARTIN BUREAU / AFP

Jean-Luc Mélenchon dit se reconnaître dans Alexis Tsipras, le leader de Syriza, vainqueur des élections législatives ce dimanche 25 janvier en Grèce. "Un moment historique", ajoute le leader du Front de gauche tandis que les socialistes Jean-Marie Le Guen comme Julien Dray estiment que le programme de Syriza relève de la sociale-démocratie à la François Hollande plutôt que de la gauche "radicale" à la Front de gauche.

Alors que le Pasok, le parti socialiste grec, s’effondre, l’aile gauche du PS français, autrement dit "les frondeurs", se félicitent à haute voix du résultat des élections grecques. Ainsi Benoît Hamon, ex ministre de l’Education du gouvernement Valls I, a tweeté en grec :

Ce qui signifie :

"

Nous remercions le peuple grec. Votre vote inspire dans toute l’Europe.

"

"Bravo Benoît", a simplement répondu, le tout accompagné d’un smiley, une autre ancienne ministre, Aurélie Filippetti.

Chef de file spirituel des frondeurs du PS à l’Assemblée nationale, Henri Emmanuelli a répondu aux craintes exprimées il y a quelques temps par Manuel Valls qui disait que la gauche pouvait mourir. "Hélas, comme le Pasok", réplique le député des Landes qui espère en revanche qu’elle puisse "re-naître, comme Syriza" :

"Victoire de Syriza : l’espoir peut venir de Grèce", écrit dans un communiqué un autre "frondeur", le député Pouria Amirshahi, ravi d’avoir un soutien de poids dans la demande de réorientation de la politique économique européenne.

Plus ironique, Christian Paul, un proche de Martine Aubry et parmi les leaders de la fronde d’une partie du PS, explique malicieusement que "le PS devrait analyser pourquoi le Pasok grec est aujourd’hui à 3%".

La voix officielle du PS a de son côté "la victoire des forces de gauche", "une bonne nouvelle pour le peuple grec", selon son secrétaire national à l'Europe, Philip Cordery. "La ligne anti-austérité est aujourd'hui renforcée en Europe. Depuis 2012, François Hollande et les leaders sociaux-démocrates sont à l'oeuvre pour réorienter l'Union européenne. Ils trouveront en Alexis Tsipras un nouvel allié. C'est unie que la gauche fera triompher l'Europe de la croissance, de l'emploi et de la solidarité", poursuit-il dans un communiqué.

En réponse à l'euphorie manifestée par l'aile gauche du PS, Jean-Christophe Cambadélis a rétorqué que la victoire de Syriza, donc d'un "parti de gauche", est "toujours une bonne nouvelle pour le Parti socialiste".

Selon un sondage "sortie des urnes", Syriza, le parti de gauche radicale anti-austérité, a emporté une très large victoire aux législatives dimanche et pourrait obtenir la majorité absolue. Le parti socialiste Pasok, lui, pourrait essuyer une défaite historique avec un score entre 4 et 6% tandis que le parti de centre gauche Potami obtiendrait de 6 à 8%.

[Edit 26/01 6h15]

Selon des projections officielles, Syriza obtiendrait, avec 36% des voix, entre 149 et 151 sièges, la majorité absolue étant fixée à 151. Le parti d'Alexis Tsipras va donc devoir s'allier pour gouverner. Le parti d'Antonis Samaras, Premier ministre sortant, agrège 26% des voix. Aube Dorée reste la troisième force politique du pays avec 7% des suffrages.

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