Meeting de Sarkozy à Nice: Cécile Duflot dénonce la "mithridatisation" des thèses d'extrême droite

Publié à 11h07, le 22 octobre 2014 , Modifié à 11h07, le 22 octobre 2014

Meeting de Sarkozy à Nice: Cécile Duflot dénonce la "mithridatisation" des thèses d'extrême droite
Nicolas Sarkozy le 23 octobre 2014 à Nice, Cécile Duflot le 14 octobre 2014 à l'Assemblée. (MaxPPP-Reuters)

"Les Français veulent rester la France." Nicolas Sarkozy, en campagne pour la présidence de l'UMP, a donné le 21 octobre à Nice le discours "le plus à droite depuis son retour", selon l'envoyé spécial du journal Le Monde sur place. Et ça a fait réagir Cécile Duflot.

Opposant respect de la laïcité et port du voile intégral, se prononçant contre "les repas à la carte" dans les cantines scolaires, plaidant pour la lutte contre "l'assistanat" ("toute allocation doit avoir un travail en contrepartie"), Nicolas Sarkozy "a retrouvé les accents de sa campagne présidentielle de 2012, lorsqu'il avait porté une ligne à droite toute", estime Alexandre Lemarié.

Le choix de cette ligne dépend aussi du contexte politique local à Nice, où l'extrême droite réalise traditionnellement d'excellents scores. Nicolas Sarkozy a ainsi justifié ses prises de position par sa volonté de répondre aux "inquiétudes" des Français. A tel point que les questions d'immigration ont eu la part belle du discours : une heure sur les 1h30 qu'il a duré leur a été consacrée.

"L'immigration menace notre façon de vivre", a encore estimé l'ancien président de la République.

"Difficile d'imaginer ces propos chez quelqu'un d'autre que d'extrême-droite il y a quelques années", a réagi l'ancienne ministre du Logement, l'écologiste Cécile Duflot. La ministre évoque aussi "la mithridatisation" :

 

Le terme fait référence au roi du Bosphore, Mithridate VI, et à une légende le concernant. Celle-ci voulait qu'il s'inflige quotidiennement de petites doses de poisons, jusqu'à en être immunisé. La mithridatisation serait donc l'accoutumance progressive à un produit - ou une idée - toxique par des expositions répétées.

En l'occurrence, Cécile Duflot suggère donc que Nicolas Sarkozy est, soit victime, soit complice, de la pénétration des idées d'extrême-droite dans l'opinion - la "droitisation des esprits", une tendance de fond sur laquelle tout le monde n'est pas d'accord.

La député EELV de Paris va plus loin, dénonçant chez Nicolas Sarkozy un "discours basé sur la haine" - mais au sens large, sans viser spécifiquement l'ancien président de la République :

 

L'emploi de ce terme de mithridatisation n'est pas sans rappeler un tweet de Mehdi Ouaroui, alors directeur de cabinet du premier secrétaire du PS d'alors, Harlem Désir.

Au moment de la polémique sur le choix de François Fillon d'appeler à voter "pour le moins sectaire" en cas d'opposition PS-FN, Mehdi Ouraoui avait ainsi tweeté, en septembre 2013 :

 

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