Pour Lagarde, Bayrou "illustre ces millions de Français qui ont été trompés et trahis par Hollande"

Publié à 11h32, le 17 décembre 2014 , Modifié à 11h36, le 17 décembre 2014

Pour Lagarde, Bayrou "illustre ces millions de Français qui ont été trompés et trahis par Hollande"
Jean-Christophe Lagarde et François Bayrou © Montage Le Lab via Reuters

Jean-Christophe Lagarde entend bien faire valoir son indépendance vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Et, volontairement ou non, cela passe aussi par la défense de François Bayrou. L'ancien chef de l'État garde une rancune tenace contre le maire de Pau, qui avait appelé à voter François Hollande en 2012 (avec des conséquences tragiques pour sa relation avec Hervé Morin). Le nouveau président de l'UDI, lui, est bien plus conciliant avec son camarade centriste. 

Sur France Culture, mercredi 17 décembre, Jean-Christophe Lagarde a ainsi présenté François Bayrou comme une sorte de victime du hollandisme et du PS, au même titre que "des millions de Français". Le maire de Pau est bel et bien "au sein du centre", a-t-il fait valoir, évoquant une "erreur" que l'on ne pourra pas éternellement lui reprocher :

François Bayrou a voulu avoir une alliance avec le Parti socialiste, le Parti socialiste lui a claqué la porte au nez après qu'il a appelé à voter Hollande. Le Parti socialiste a d'ailleurs montré en cela son sectarisme, en réalité [...].



François s'est trompé pendant l'élection présidentielle, je pense qu'un jour il s'expliquera sur cette erreur ou ce choix. Je considère simplement que François Bayrou, pour s'être trompé, il illustre en fait ces millions de Français qui en même temps ont été trompés et ont été trahis par François Hollande. Et il n'y a pas de raison de le condamner définitivement.

François "Français normal" Bayrou a donc "sa place dans l'opposition dès lors qu'il est clairement dans l'opposition". Car pour le successeur de Jean-Louis Borloo, "il n'y a pas de raison d'ostraciser ces Français qui se sont faits avoir, on a même besoin d'eux pour pouvoir reconstruire un projet politique qui ne soit pas une énième alternance d'échecs pour la France". 

*Légèrement* différent de la position de Nicolas Sarkozy, qui pour sa part n'acceptera de travailler qu'avec "un centre qui soit [avec l'UMP] matin, midi et soir" - ce qui ne fait pas franchement rêver François Bayrou. Choisissant ses mots de manière intéressante, l'ancien Président aurait même expliqué aux sénateurs UMP, le 9 décembre, que François Bayrou devait "abjurer" :

Dans son idée de "rassemblement" incluant le centre, le nouveau président de l'UMP fait explicitement la différence entre "les amis de l'UDI" et le MoDem. Ces deux derniers se sont cependant récemment rapprochés au sein de l'Alternative, sous l'impulsion de Jean-Louis Borloo. Jean-Christophe Lagarde et François Bayrou doivent d'ailleurs se voir prochainement pour décider des suites concrètes à donner à cette union, comme l'a indiqué le premier ce week-end. 

Le président de l'UDI a encore rappelé ce mardi qu'il voyait en l'UMP un "allié naturel [...] tant qu'il n'y a pas de dérive vers l'extrême droite". Mais sa proximité (relative) avec François Bayrou sera-t-elle le principal frein à leur alliance en 2017 ?

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