Sarkozy, Valls, Hidalgo, Vallaud-Belkacem : l’art de la langue de bois appliqué au foot

Publié à 15h58, le 20 avril 2014 , Modifié à 16h01, le 20 avril 2014

Sarkozy, Valls, Hidalgo, Vallaud-Belkacem : l’art de la langue de bois appliqué au foot
Najat Vallaud-Belkacem, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Anne Hidalgo au Stade de France © Reuters

#FOOTPOLITIQUE – Ils étaient nombreux, samedi 19 avril, dans les tribunes du Stade de France, pour admirer la finale de la Coupe de la Ligue entre le Paris-saint-Germain et l’Olympique Lyonnais. Dans les travées du stade, Najat Vallaud-Belkacem côtoyait – une nouvelle fois – Nicolas Sarkozy, lui-même installé non loin de Bernard Cazeneuve, Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Éloignés de leur domaine de prédilection, ces politiques ont dû répondre aux questions surprises du journaliste de France Télévisions Daniel Lauclair, infiltré dans la tribune. Un exercice difficile où le cœur du supporter a été mis en sourdine sous peine de se froisser avec une bonne partie des Français.

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La ministre des Sports ouvre le bal. Mais Najat Vallaud-Belkacem, qui a commencé la politique au côté de Gérard Collomb à Lyon, a un peu de mal à cacher sa déception après la défaite de l’OL, 2 buts à 1 :

J’ai été tendue toute la soirée. J’ai beaucoup de palpitations, beaucoup d’excitation.

La ministre embraye donc rapidement, souhaitant que l’état d’esprit affiché tout au long de la finale serve d’exemple :

Il faut que cet enthousiasme caractéristique du sport se transmette à l’ensemble du pays. Il faut qu’il y ait un état d’esprit positif d’émulation dans le pays. Il nous faut de la confiance.

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La maire de Paris est heureuse après la victoire du club de la capitale, même si, comme Najat Vallaud-Belkacem, Anne Hidalgo a des racines lyonnaises. Tout en saluant la performance des joueurs parisiens, l’édile ne manque donc pas d’adresser un message aux Lyonnais :

C’est un très très beau match, un très beau Paris-saint-Germain. Une très belle équipe de Lyon aussi, que j’aime beaucoup. Je veux les féliciter.

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Le nouveau locataire de Matignon est dans une position difficile. Supporter du PSG – et du Barca  mais ça n’a rien à voir ici – il est heureux de la victoire du club. On le voit même sautiller furtivement avec le président de la ligue, Frédéric Thiriez, durant l’interview de Najat Vallaud-Belkacem.

Mais Manuel Valls est aussi Premier ministre. Pendant de longues secondes, relancé plusieurs fois par Daniel Lauclair, il essaye donc de nuancer son amour pour le club de la capitale :

Je ne suis pas sûr que c’était le match de l’année. […] Je suis Premier ministre, j’étais neutre forcément. […] C’est le football, il faut penser à tout le monde.

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Moment gênant pour l’ancien chef de l’État, supporter parisien devant l’éternel mais également en *retrait* de la vie politique française. Interrogé sur la victoire du PSG, Nicolas Sarkozy est surpris par ce changement soudain de calendrier. Il tente d’abord de s’échapper en parlant aux joueurs du PSG :

Edinson [Cavani, ndlr], bravo, je suis content que vous ayez marqué deux buts.

Pas de quoi impressionner Daniel Lauclair qui reste au côté de l’ancien président. Celui-ci s’en sort d’une pirouette :

Mais vous ne me laissez pas saluer les joueurs alors ?

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Également présent dans la tribune officielle, le ministre de l’Intérieur a été oublié par le journaliste de France 2. Un mal pour un bien, sans doute, le premier flic de France ayant déjà dû composer avec les supporters du PSG lors de sa première sortie officielle, début avril. 

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