Selon François Rebsamen, le frondeur Laurent Baumel "aurait pu soutenir Dominique Strauss-Khan"

Publié à 11h02, le 29 août 2014 , Modifié à 19h38, le 17 octobre 2014

Selon François Rebsamen, le frondeur Laurent Baumel "aurait pu soutenir Dominique Strauss-Khan"
François Rebsamen, le 9 juillet 2014 © IP3 PRESS/MAXPPP

COUCOU LA FRONDE - François Rebsamen donnait tranquillement une interview fleuve sur le droit du travail, les acquis sociaux et les 35 heures, vendredi 29 août sur France Culture, quand soudain, une question sur Laurent Baumel lui a permis de se montrer un peu plus tranchant.

Celui qui est l'un des chefs de file des députés socialistes frondeurs envisage en effet, comme d'autres, de ne pas voter la confiance au gouvernement Valls II. Interrogé sur cette éventualité, le ministre du Travail s'est fendu d'une réplique assez cinglante :

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Ce n'est pas le conseil que je vais donner à Laurent Baumel. Mais Laurent Baumel n'a pas le droit de parler au nom d’autres personnes, parce que je crois d’ailleurs qu’il n’en a pas l’aura suffisante et la représentation. [...] Je connais bien Laurent Baumel, il aurait pu peut-être même soutenir Dominique Strauss-Khan. Vous savez, à un moment tout arrive.

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Tout en maîtrise de soi, l'ancien maire de Dijon a immédiatement embrayé sur le ton de l'entente cordiale : "Vous voyez, on arrive à faire des synthèses, on arrive à avancer ensemble. Il faut qu’on ait ce souci du pragmatisme en économie parce que le cœur du problème, c’est de relancer l’emploi et de faire reculer le chômage".

Nul doute que la référence à l'ancien président du FMI, qui n'est pas exactement classé à la gauche du Parti socialiste, a dû plaire au principal intéressé, ardent défenseur d'une politique alternative à celle du gouvernement.

Après la nomination du nouveau gouvernement, Manuel Valls a indiqué qu'il solliciterait la confiance des députés "en septembre ou en octobre". En attendant, le PS ouvre ce 29 août son université d'été à La Rochelle. Et si cet événement est, chaque année, présenté comme risqué pour le parti, l'édition 2014 s'annonce particulièrement tendue.

Les frondeurs, qui ont renommé leur mouvement "Vive la gauche", y tiendront un rassemblement samedi matin ; Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, sortis de l'équipe Valls I après leurs critiques envers la politique économique de François Hollande, seront également présents, tout comme les soutiens de Martine Aubry.

[Bonus Track] "Réfléchir sur les 35 heures, c'est la liberté de penser"

François Rebsamen avait préalablement réagi à la polémique sur les 35 heures, née des propos tenus par Emmanuel Macron dans une interview accordée au Point avant qu'il ne soit nommé ministre de l'Économie. Ce dernier ne serait pas opposé à ce que la durée hebdomadaire du travail évolue, via des accords majoritaires internes aux entreprises. Soutien du ministre du Travail, qui a défendu la liberté de chacun d'explorer des pistes :

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Il explore des pistes et après tout, il n’y a quand même pas un délit de penser dans notre pays et moi je trouve qu’Emmanuel Macron va accepter, va suivre, va être dans la solidarité gouvernementale, il n'y a aucun problème de ce côté-là. [...] 



Il a le droit d’avoir sa propre pensée [...]. On brocarde beaucoup moins madame Le Pen lorsqu’elle sort d’énormes sottises alors qu'Emmanuel Macron réfléchit et il a raison : il n’y a pas de tabou, en la circonstance, à tout ce qui pourrait permettre à des gens qui sont aujourd'hui au chômage de rentrer dans le monde du travail. 

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