Stéphane Le Foll explique pourquoi il en a marre des critiques émanant d'élus socialistes

Publié à 09h12, le 02 janvier 2015 , Modifié à 12h29, le 02 janvier 2015

Stéphane Le Foll explique pourquoi il en a marre des critiques émanant d'élus socialistes
Stéphane Le Foll © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Nous sommes le 2 janvier 2015 mais rien n'a vraiment changé au Parti socialiste. Le refus, jeudi 1er janvier, de Thomas Piketty de recevoir la légion d'honneur a réveillé les députés "frondeurs", certains voyant dans ce choix de l'économiste un choix politique, une critique de la politique fiscale du gouvernement.

Voilà de quoi irriter Stéphane Le Foll en cette nouvelle année. Invité de France Info ce vendredi 2 janvier, le porte-parole du gouvernement a eu une manière tout particulière de souhaiter ses meilleurs vœux aux "frondeurs". Il a dit :

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Si au sein du Parti socialiste, la seule expression c'est celle de la critique, il ne faut pas penser ensuite que les électeurs vont revenir voter. La première des choses quand on est responsables politiques et membres d'un parti c'est de soutenir et d'avoir des points de vue, de les mettre sur la table des discussions mais je crois qu'il est temps de cesser ces critiques.

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En gros, Stéphane Le Foll est d'accord pour qu'il y ait différentes opinions mais il serait bon qu'elles se fassent un peu plus discrètes à l'avenir. "François Hollande a été désigné [lors de la primaire PS en 2011] sur cette ligne-là", a précisé le porte-parole du gouvernement, expliquant que laisser filer la dette de la France ne faisait pas partie des plans de l'exécutif.

Et le ministre de l'Agriculture d'en profiter pour développer sa critique à l'extrême gauche, estimant que le gouvernement n'avait pas de leçons à recevoir :

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Où est la gauche quand il s'agit de défendre le tiers payant, défendu par Marisol Touraine, qui permet à tout le monde de pouvoir aller se faire soigner sans avoir à avancer des fonds ? […] Où est la gauche quand il s'agit de défendre la pénibilité, une idée qui a été portée depuis des années et des années ? […] Où est la gauche et où sont ceux qui défendent une ligne de gauche ? Au lieu de critiquer, pourquoi ne défendent-ils pas ce qui a été fait ?

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Sauf que certains "frondeurs" ont bien soutenu le tiers payant. Ce fut le cas notamment du député européen Emmanuel Maurel, soutenu par le député Gérard Sebaoun : 

Jérôme Guedj, qui n'est plus député, certes, mais reste proche des frondeurs, aussi : 

Mi-décembre, dans Libération, Stéphane Le Foll avait déjà été très virulent envers ceux qui au PS fustigent la politique gouvernementale. "Nous ne pouvons être uniquement dans la critique et jamais dans la défense et la fierté de ce qui a été fait. Si nous laissons penser, comme le fait Benoît Hamon, qu'on 'court à la catastrophe', nous intégrons le défaitisme et nous offrons un espace considérable à Marine Le Pen qui surfe sur la peur des autres, de l'Europe, du monde", avait-il lancé. 

[BONUS TRACK] Un poil bougon

Stéphane Le Foll est un poil bougon en ce début d'année. À la fin de l'interview, la journaliste de France Info lui a demandé de patienter quelques minutes pour écouter une chronique sur… la pourriture et ses bienfaits.

La réaction du ministre de l'Agriculture à la fin de la chronique a été on ne peut plus claire :

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Eh ben ! C'était pour ça qu'on me faisait rester…

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Ce qui ne l'a pas empêché, ensuite, d'évoquer l'utilité du compost. 

À réécouter ci-dessous : 

Du rab sur le Lab

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