Après la chute de Bayrou, le centre se rêve en nouvelle UDF

Publié à 16h11, le 04 juillet 2012 , Modifié à 16h22, le 04 juillet 2012

Après la chute de Bayrou, le centre se rêve en nouvelle UDF
Jean-Louis Borloo entouré des membres de l'UDI le 3 juillet 2012 (Maxppp)

Le centre, c’est reparti. L’Union des démocrates et indépendants (UDI) a fait son entrée comme nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée avec, à sa tête, Jean-Louis Borloo.

Et ses membres en sont persuadés : cette fois-ci, la recomposition du groupe centriste aura bien lieu, idéalement à la manière de l'UDF. Après les tentatives dispersées de partis comme le Nouveau Centre d’Hervé Morin, après le lancement d’alliances comme l’Ares du même Borloo, pourquoi les centristes y croient-ils tellement ? Parce qu’entre temps, François Bayrou a chu. 

  1. "Il n'y a qu'une lettre de différence"

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    Tout est une question de stratégie politique et de clarté. François Bayrou est sorti de la clarté politique il y a quelques années (…) en disant votez pour moi, je vous dirai après avec qui je m’allie. (…) 

    A partir du moment où vous avez une stratégie claire, les groupes parlementaires, des objectifs, des militants, vous pouvez rebâtir une famille politique

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    Cette fois-ci c’est la bonne. Depuis 2007, les centristes estiment que le MoDem n’a pas su avoir une position claire vis-à-vis de ses électeurs, ce qui l’a empêché de rassembler le centre.

    L’ultime veste de François Bayrou aux législatives [seuls deux députés MoDem siègent à l’Assemblée, et l’un d’eux a rejoint les Radicaux de gauche] leur donne – enfin – un espace pour se recomposer. C’est en tout cas ce qu’estime Jean-Louis Borloo, chef de file de l’UDI et par ailleurs président du Parti Radical Valoisien, le 3 juillet sur France Inter.

    Selon lui, les centristes ne doivent pas renier leur identité :

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    Le centre a toujours été un allié privilégié de la droite républicaine. Il est différent, il n’a pas le même regard sur la société, il n’a pas les mêmes attitudes mais il est traditionnellement dans une alliance privilégiée.

    Moi, je veux la refaire. 

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    Henri Plagnol partage ce diagnostic. Ce député, ancien secrétaire d’Etat sous Jacques Chirac, fait partie des centristes de l’UMP mais a préféré s’inscrire à l’UDI. Pourquoi ne pas y avoir cru plus tôt ? Henri Plagnol explique au Lab :

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    Depuis l’échec de Bayrou, la conjoncture est enfin favorable à un regroupement de centre droit.

    J’avais d’ailleurs dit à François Bayrou: "Personne ne pourra te suivre sans choix clair." 

    Et Jean-Louis Borloo avait fait ce pronostique : en se prononçant pour François Hollande au second tour de la présidentielle, Bayrou a fait une erreur de trop.

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    Le tout nouveau UDI se rêve à présent UDF, cette incarnation du centre qui a entretenu une "alliance privilégiée" avec la droite, lui permettant d’obtenir la majorité à l’Assemblée et, parallèlement pour les centristes, de participer à un gouvernement.

    "D’ailleurs, vous avez remarqué, il n’y a qu’une lettre de différence", sourit Henri Plagnol. Le nom, c’est lui qui l’a proposé nous dit-il. Dans les références de ce député il y a aussi la CDU-CSU en Allemagne, deux "partis-frères" distincts mais partenaires :

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    C’est ce type d’alliance qui permettra à la droite et au centre de reprendre le pouvoir.

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    Et concrètement, quelle évolution pour l’UDI ? Ses membres s’accordent pour dire que le groupe parlementaire de 29 députés est "une première étape". Mais l’avenir est encore flou : "mouvement commun", "alliance", "confédération"… Quelque chose devrait naitre, mais "rien n’est décidé". Le porte-parole du groupe, Jean-Christophe Lagarde, explique au Lab :

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    On a l’intention et l’ambition d’une confédération de partis. Mais il y a plusieurs étapes : on a déjà réalisé la première, alors qu’on nous en disait incapable. Rien n’est décidé pour une université d’été.

    Par contre, il paraitrait bon que les deux groupes parlementaires [le Sénat compte 31 sénateurs de l’Union centriste NDLR] se parlent. On discute pour avoir des journées parlementaires communes à la rentrée. Ce serait un pas de plus pour créer un mouvement politique commun.

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