72 heures après l'avoir lâché, Thierry Solère renouvelle son soutien à François Fillon

Publié à 09h01, le 07 mars 2017 , Modifié à 09h55, le 07 mars 2017

72 heures après l'avoir lâché, Thierry Solère renouvelle son soutien à François Fillon
Thierry Solère © JACQUES DEMARTHON / AFP

72 HEURES CHRONO - Thierry Solère avait tenu bon jusqu'au vendredi 3 mars. Jusqu'alors, le monsieur primaire de la droite avait rempli avec abnégation son rôle de porte-parole de François Fillon. Mais ce jour-là, le député des Hauts-de-Seine lâchait lui aussi son candidat, considérant qu'il n'était plus "en capacité de mener les couleurs de la droite et du centre à l’élection présidentielle". Mais trois jours plus tard, le même Thierry Solère est de retour dans le camp des soutiens de l'ancien Premier ministre.

Lundi 6 mars au soir, l'ancien partisan de Bruno Le Maire participait en effet au comité politique de LR convoqué pour mettre un terme au nouvel épisode de crise traversé par LR depuis le mercredi précédent et l'annonce, par François Fillon lui-même, de sa très probable mise en examen. Une instance qui s'est finalement rangée comme un seul homme derrière le candidat, selon le communiqué de presse du parti lu par Gérard Larcher à l'issue de cette réunion :

Le comité politique, après un large échange, a renouvelé à l'unanimité son soutien [à François Fillon] et s'engage à œuvrer au rassemblement des familles politiques de la droite et du centre autour de lui et du projet qu'il porte pour le redressement national.

Thierry Solère a d'ailleurs relayé sur Twitter cette communication :

Toujours dans ce communiqué envoyé par LR aux rédactions lundi soir, on trouve cette précision :

Les participants du Comité politique du jour : Gérard Larcher, Bernard Accoyer, Christian Jacob, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, Isabelle Le Callenec, François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Thierry Solère, Jean-Frédéric Poisson, Jean-François Copé, Annie Genevard, Luc Chatel, Daniel Fasquelle et Jean-François Lamour.

Une liste dans laquelle on trouve essentiellement des fillonistes ou des sarkozystes qui étaient restés fidèles à François Fillon. NKM n'avait quant à elle pas officiellement quitté le navire filloniste, pas plus que Jean-François Copé (qui n'en était pourtant pas loin). Contrairement à Thierry Solère, donc, qui opère ici un spectaculaire *revirement du revirement* qui ressemble à la réalisation de la prophétie signée Éric Ciotti, selon qui les lâcheurs "vont revenir très vite vers François Fillon".

Contacté par Le Lab, Thierry Solère précise d'abord, comme pour s'en désolidariser, qu'il n'y a "pas eu de vote" lors de ce comité politique. Et s'il ne conteste pas cette décision "unanime" de "soutenir" Fillon prise y compris en son nom, il dit s'y plier car elle s'impose à lui :

 

Je n'enlève rien à ce que j'ai dit [depuis qu'il l'a lâché, ndlr]. J'ai quitté la campagne de François Fillon et je ne cherche pas à redevenir porte-parole. Au cours de la réunion d'hier soir, j'ai dit pourquoi j'étais parti, j'ai dit que je ne pouvais plus continuer à porter cette parole-là [en raison de la mise en examen à venir]. Depuis ma mise en retrait, j'ai considéré que François Fillon n'était plus en capacité de rassembler la droite et le centre et j'aurais souhaité qu'il y ait une autre alternative en la personne d'Alain Juppé. Il n'y a pas eu d'alternative de droite et du centre à la candidature de François Fillon, qui est venu nous dire qu'il ne se retirerait pas. Cela devient un fait politique, une réalité qui s'impose à tout le monde, j'en prends acte.

"Je suis de droite et du centre, donc je prends acte du fait que François Fillon est le candidat de la droite et du centre", répète Thierry Solère, qui "ne veut pas aider le FN" en alimentant encore les divisions. C'est la raison pour laquelle il ne manifeste pas plus clairement son rejet de la candidature de François Fillon qui, selon son analyse, ne peut conduire qu'à l'échec.

Malgré quelque 300 défections d'élus de son camp, François Fillon avait réuni dimanche des dizaines de milliers de supporters sur la place du Trocadéro à Paris. Après la décision d'Alain Juppé de ne pas se porter candidat en remplacement de François Fillon, ce dernier est donc parvenu, pour la troisième fois depuis le début de l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse, à mettre en échec ceux qui voulaient le pousser vers la sortie. Et même, on le voit, à en faire revenir certains au bercail. 

[Edit 9h55 : ajout déclarations Solère]





[BONUS TRACK]

Pas plus tard que lundi 6 mars au matin, sur RTL, Thierry Solère expliquait encore que le maintien de François Fillon ne pouvait conduire qu'à un échec à la présidentielle : 

Je pense que malheureusement, François Fillon, parce qu'il est mis en examen [pas encore en réalité, ndlr] et qu'il avait dit qu'il ne pourrait pas être candidat [dans ce cas], n'est pas en mesure de rassembler les Français. [...] Aujourd'hui, les sondages le montrent très clairement : nous ne sommes plus dans cette capacité.



Aujourd'hui, c'est notre présence-même [au second tour], c'est notre existence-même qui est menacée, celle de la droite et du centre. Et plus grave encore, c'est le risque de l'arrivée du Front national.

Il plaidait en outre sans détour pour une candidature Juppé. 



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