Burkini : Nicolas Sarkozy et des cadres de LR s’attaquent à la Constitution

Publié à 09h05, le 29 août 2016 , Modifié à 09h05, le 29 août 2016

Burkini : Nicolas Sarkozy et des cadres de LR s’attaquent à la Constitution
Christian Estrosi, Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez. © BERTRAND LANGLOIS / AFP

MÉCHANTE CONSTITUTION - Et ça continue encore et encore de débattre et de polémiquer sur le "burkini", question sensible de l’été 2016 s’il en est. Et ce n’est pas la décision du Conseil d’Etat de suspendre l’arrêté "anti-burkini" de Villeneuve-Loubet qui va clore le sujet puisque même pour Manuel Valls, cette décision "n’épuise pas le débat".

A droite, on cible la Constitution et on peste contre le droit, ce truc rétrograde qui ne serait pas (plus ?) en phase avec la réalité. Après que le FN a accusé le Conseil d’Etat de soumission "à l’islamo-gauchisme", rien que ça, les ténors sarkozystes de LR partent en croisade contre la… loi fondamentale.

Ainsi, Nicolas Sarkozy a affirmé, ce lundi 29 août sur RTL, que s’il fallait changer la Constitution de la 5e République pour rendre légale une loi anti-burkini, il y était prêt puisque celle-ci a été changée de nombreuses fois depuis 1958.

La veille, dimanche, c’est Laurent Wauquiez qui s’était emporté contre la Constitution, sur BFM TV. Le député-président de région-président (par intérim) d’un parti d’inspiration gaulliste a lancé, en réponse à une interview du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve expliquant qu’une loi sur le burkini serait, comme les arrêtés municipaux en ce sens, anticonstitutionnelle :

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J'en ai assez que l'on s'abrite derrière la Constitution.

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"Méchante Constitution, méchante", semble dire Laurent Wauquiez, rejoint ce lundi également par un autre soutien du candidat Sarkozy, Christian Estrosi. Le président LR de la région PACA explique tout d’abord sur France Inter qu’il n’était pas super chaud sur les arrêtés anti-burkini pris par ses amis maires LR du sud-est de la France. Mais que quand même, face au gouvernement qui a lâché les élus locaux, il a bien dû les soutenir. "Par solidarité", dit-il tout en rejetant la faute sur un gouvernement "lâche" qui se cache derrière cette satanée Constitution :

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Quand on répond à coups de Constitution, c’est une lâcheté de plus de la part du gouvernement, de la part de monsieur Cazeneuve. Dès le début, j’étais très réservé sur les arrêtés si ce n’est que je les ai soutenus, par solidarité avec les maires. Parce que le gouvernement abandonnait les maires de France, par lâcheté. 

"

Et Christian Estrosi de fulminer contre l’affirmation de Bernard Cazeneuve comme quoi le Conseil constitutionnel censurerait, selon le ministre de l’Intérieur, une éventuelle loi interdisant le burkini sur les bords des plages ou des piscines. "Monsieur Cazeneuve a déjà tranché à la place du Conseil constitutionnel avant même qu’il ne soit saisi ?", conclut-il envisageant, lui-aussi, une réforme constitutionnelle.

Si le camp Sarkozy veut donc légiférer contre le burkini spécifiquement, quitte à modifier la Constitution, d’autres ténors de LR y sont radicalement opposés. C’est notamment le cas d’Alain Juppé et de François Fillon. Bienvenue en primaire.

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