Ce qu'il faut (aussi) retenir des légions d'honneur de janvier

Publié à 18h58, le 03 janvier 2013 , Modifié à 07h22, le 04 janvier 2013

Ce qu'il faut (aussi) retenir des légions d'honneur de janvier
La médaille d'officier de la légion d'honneur. (Reuters)

Plus de 700 légions d'honneur ont été distribuées par la Grande chancellerie de la légion d'honneur lors de la promotion de janvier 2013, la deuxième du quinquennat de François Hollande. La plupart de ces légions d'honneur sont proposées par les différents ministres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

La liste des personnes décorées, publiée au Journal officiel le 1er janvier 2013, fait l'objet d'un intérêt particulier : elle peut comporter un nombre important d'"amis" de tel ou tel ministre ou du président directement. Des personnes susceptibles d'être décorées non pas pour "mérites éminents" rendus à la Nation, mais pour amitié ou services bien plus personnels.

Dernièrement , la nomination de Robert Bourgi, intermédiaire contesté de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, ou celles de membres du parti de Cécile Duflot avaient suscité la polémique.

Cette fournée de janvier 2013 est surtout médiatisée par le refus de la légion d'honneur par Jacques Tardi. Un refus plutôt fréquent au demeurant. En janvier dernier, deux personnes avaient par exemple refusé la légion d'honneur, l'UMP Henri Torre et l'ex-ministre communiste Jack Ralite.

Mais la publication des décorés de la légion d'honneur recèle d'autres enseignements :

>> Une promotion très "Made in France" au Redressement productif

Cohérence au ministère du Redressement productif. Parmi les décorés sur le contingent d'Arnaud Montebourg, de nombreux chefs d'entreprises... Qui emploient surtout en France.

C'est le cas de l'entreprise Silab, par le biais de son PDG Jean Paufique, qui a inauguré en octobre dernier une nouvelle unité de productionà Brive-La-Gaillarde (En Corrèze...).

C'est encore celui de Bodemer, groupe qui distribue les marques Dacia, Nissan et Renault,  par l'intermédiare du Breton Alain Daher. Le groupe a racheté une dizaine de concessions dans le grand Ouest, "malgré la crise", note Ouest France.

Autres personnes décorées, Jean Dabos, dont l'entreprise de marbrerie OMG SA arbore un macaron "Made In France" sur son site internet, ou le président de la société de prêt-à-porter Garella, Jean-Brice Garella, par ailleurs propriétaire de la marque "Bleu Blanc Rouge". Le ministère confirme :

Le ministre a tenu à remercier ceux qu'il appelle "patrons patriotes", qui se sont bagarrés pour que des emplois restent en France.

D'autres personnalités décorées travaillent au sein d'entreprises communément considérées comme "fleurons" de l'industrie française, comme Michelin (Claire Dorland Clauzel), Airbus (Marie-Laure Roux) ou Grand Chais de France (Catherine Fossot Picard).

>> Moins d'un dixième des promus sont des élus

Qu'ils soient élus ou proches d'élus politiques (directeurs de cabinet, anciens ministres...), les nominations d'anciens ou d'actuels responsables politiques peuvent être perçues comme du copinage. En l'occurence, ils représentent un dixième du total des nominations (70 pour plus de 700 décorations).

Les responsables PS et de gauche sont assez logiquement (très) majoritaires. Parmi les plus connus, Claudy Lebreton, président du Conseil général des Côtes d'Armor (sur le contingent du ministère de la Réforme de l'Etat), Jacques Bravo, maire du 9e arrondissement de Paris (contingent du Premier ministre), ou Jean-Pierre Balligand, ancien député de l'Aisne et vice-président de l'Assemblée nationale (contingent du ministère délégué aux relations avec le Parlement). 

>> Des personnalités de droite décorées

Cependant, plusieurs personnalités de droite ont été décorées lors de cette remise de légions d'honneur :

  • Etienne Pinte, UMP, ex-député des Yvelines (contingent du ministère de l'Egalité des Territoires et du Logement). Député atypique, il s'est notamment fait remarquer en s'opposant au renvoi d'immigrés afghans par vols charters lors du précédent quinquennat, et plus anciennement, en votant l'IVG bien que catholique fervent et opposé au projet de loi à titre personnel.

 

 

  • Roland Blum, UMP, ancien député des Bouches-du-Rhône (contingent dun ministère de l'Intérieur).

 

  • Jacques Larochette, UDI, conseiller général du Rhône (contingent du ministère délégué à la Décentralisation).

Plus étonnant, François-David Cravenne, directeur d'une société de conseil en communication et stratégie politique, a également été décoré. Il a notamment été le "spin doctor" de Valéry Giscard d'Estaing, Rachida Dati, Luc Chatel ou Brice Hortefeux.

Du rab sur le Lab

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